14 Mars 2026.
Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 14 Mars 2026 – 6h45 heure locale – 2h45 heure UTC
Éruption en cours
L’éruption débutée le 13 février 2026 peu après 10h (heure locale) au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan, visible depuis le Piton de Bert. Le cône éruptif est maintenant bien formé et continue de se refermer progressivement. Peu de projections dépassent désormais la hauteur du cône.
Avec la fermeture latérale du cône, une activité importante en tunnel de lave est désormais établie. Depuis le 3 mars, les coulées sont de nouveau visibles dans les Grandes Pentes avec un nouveau bras de coulée .
Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine toujours deux bras principaux. Le front du bras Nord reste figé à ~2,6 km de la route nationale 2 (RN2), à une altitude d’environ 660 m.
Le bras Sud poursuit sa progression, avec des vitesses très variables liées notamment à la topographie et à la végétation rencontrée sur son passage, qui peuvent localement ralentir ou canaliser l’écoulement de la lave. Après avoir traversé la RN2 en 3 points lors de la journée du 13 mars, à 8h02, 8h37 et 12h35 heure locale, les différents bras de coulée secondaires poursuivent leur progression vers l’océan. Le 14 mars au matin, sur une largeur d’environ 260 m c’est pratiquement l’ensemble de la portion de la RN2 qui est désormais recouverte de coulée de lave.
A 5h heure locale le 14 mars, le front de coulée le plus bas en altitude se situait à environ 310 m de l’océan .
Comme les jours précédents, l’activité sismique reste faible.
L’inflation de l’édifice, visible notamment sur les stations GNSS sommitales et à la base du cône terminal, se poursuit . Depuis la fin du mois de février, les lignes de base traversant le sommet enregistrent une augmentation de distance, indiquant une ré-expansion progressive de l’édifice.
Cette inflation indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.
Suite à une chute brutale le 11 Mars (indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface), puis une stabilisation, le trémor augmente de nouveau lentement .
Les débits en surface, estimés à partir des données satellites, via les plateformes HOTVOLC (OPGC – Université Clermont Auvergne) et MIROVA (Université de Turin) ont indiqué, au cours des dernières 24 heures, des valeurs < à 5 m3/s .
A noter qu’en fonction de la couverture nuageuse, ces estimations peuvent varier fortement et devenir nulles en cas de couverture nuageuse totale. L’activité actuelle en tunnel de lave a également tendance à minimiser les valeurs de débits observées par méthode satellite.
L’estimation des débits de lave en surface permet de suivre le volume de lave émis en surface ; ainsi depuis le début de l’éruption, entre 13 et 15 millions de m3 de lave ont été émis en surface.
Localisation des fronts des bras de coulée secondaires à 5h heure locale le 14 mars (©SDIS)
Bilan
Depuis fin février, les données du réseau GNSS indiquent une inflation de l’édifice. Cette évolution serait liée à une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement associée à une nouvelle phase de recharge en magma du réservoir le plus superficiel.
Étant donné la faible activité sismique actuelle, la probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste faible à court terme.
Néanmoins, les signes d’une re-pressurisation augmentent cette probabilité.
À noter également que par le passé, des fissures éruptives se sont ouvertes au cours d’une éruption sans signaux avant-coureurs, comme par exemple en août 1998, juillet 1999, octobre 1999, décembre 2006 et mars 2019. En effet, la propagation du magma à faible profondeur peut se produire de manière asismique, notamment lorsque le magma est déjà dégazé.
Niveau d’Alerte 2.2
Source : OVPF / IPGP.
Photos : Ovpf , Imaz Press , Ovpf .
Indonésie , Karangetang :
Activité des coulées de lave sur le mont Karangetang, Sulawesi du Nord, le 13 mars 2026.
Le mont Karangetang est un stratovolcan culminant à 1 784 mètres d’altitude. Il est situé sur l’île de Siau. La dernière éruption a eu lieu le 9 octobre 2025 dans le cratère Nord (cratère II), où des matériaux éruptifs, sous forme de coulées de lave, se sont écoulés entre la rivière Kinali et le village de Hiung, à environ 1 000 mètres du sommet du mont Karangetang. L’activité volcanique est actuellement au niveau II (Waspada) depuis le 11 janvier 2025 à 18h00 WITA.
La surveillance visuelle effectuée après l’éruption effusive du 9 au 24 octobre 2025 a montré un début de déclin de l’activité volcanique. Aucune coulée de lave n’a été observée. Un grondement provenant du cratère Nord a été entendu occasionnellement au poste de surveillance de Karangetang. La hauteur des fumées du cratère a varié. En janvier 2026, elles ont atteint une hauteur maximale de 100 mètres, et depuis février 2026, elle n’a pas dépassé 50 mètres. Le 12 mars 2026 à 19h00 WITA, une coulée de lave incandescente a été observée dans le cratère Nord, s’écoulant vers le Sud en direction de la rivière Sumpihi, à environ 1 000 mètres du cratère Nord.
Les observations sismiques de février 2025 ont été dominées par des séismes d’ émissions enregistrés (972 événements), des séismes de trémor harmonique (102 événements), des séismes de trémor non harmonique (191 événements), 15 séismes hybrides/multiphasiques, 50 séismes volcaniques superficiels, 94 séismes volcaniques profonds, 2 séismes tectoniques locaux, 2 séismes ressentis et 96 séismes tectoniques distants. Du 1er au 12 mars 2026, la sismicité était toujours dominée par des séismes d’ émissions enregistrés (294 événements), 11 séismes de trémor non harmonique, 4 séismes hybrides/multiphasiques, 5 séismes volcaniques superficiels, 40 séismes volcaniques profonds, 1 séisme tectonique local, 1 séisme ressenti et 51 séismes tectoniques distants. D’après les données RSAM, l’activité volcanique du mont Karangetang ne montre aucune augmentation ; la courbe reste fluctuante.
Cette augmentation de la sismicité et des coulées de lave incandescentes exige une vigilance accrue, compte tenu des dangers potentiels du mont Karangetang, notamment les éruptions magmatiques et les nuages de cendres chaudes qui dévalent vers les vallées depuis le centre éruptif situé dans les cratères Nord et Sud. Le risque d’éruptions explosives au mont Karangetang est caractérisé par la formation de dômes de lave qui s’écroulent et dévalent dans les vallées.
En raison de cette augmentation de la sismicité et des coulées de lave incandescentes, le niveau d’activité reste au niveau II (Waspada). Il est conseillé au public d’éviter de pénétrer dans un rayon de 1,5 km autour des cratères Nord et Sud, ainsi que dans un rayon de 2,5 km au Sud-Ouest et au Sud du cratère Sud. Le public est invité à garder son calme et à suivre les recommandations de l’Agence géologique, par l’intermédiaire du Centre de volcanologie et de prévention des risques géologiques, et à ne pas se laisser perturber par des informations fausses et irresponsables concernant l’activité volcanique du Karangetang.
Source : PVMBG.
Photo : Irfan FeykOe ( archive).
Chili , Lascar :
En raison d’une augmentation significative de l’activité interne et de surface du volcan Láscar, le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (SENAPRED) a établi un périmètre de sécurité de 5 kilomètres autour du cratère actif. Cette mesure, mise en œuvre dans la municipalité de San Pedro de Atacama, interdit la circulation des personnes et des véhicules, et restreint le tourisme et le pâturage afin de protéger la population de l’instabilité volcanique.
Actuellement, la zone demeure sous alerte précoce préventive et sous alerte technique volcanique jaune, ce qui implique une surveillance renforcée et une mobilisation accrue des équipes d’intervention.
Une analyse technique du SERNAGEOMIN a révélé que des changements critiques ont été observés en février et début mars, notamment un panache de gaz atteignant 1 160 mètres de hauteur et plusieurs essaims sismiques. Ces phénomènes suggèrent une remontée de magma vers la surface, augmentant ainsi la probabilité d’explosions mineures soudaines. Les principaux risques identifiés pour la zone environnante sont les projections de fragments (pyroclastes), les panaches de cendres et les émissions de gaz toxiques.
Dans le cadre des mesures immédiates, la municipalité installera une signalisation restrictive sur les routes d’accès et patrouillera les itinéraires environnants afin de garantir le respect du périmètre de sécurité. De même, les agences et opérateurs touristiques ont reçu pour instruction d’informer leurs clients de l’interdiction d’accès, tandis que la nécessité de mettre en place des abris en cas d’aggravation de l’activité volcanique est en cours d’évaluation. Pour l’instant, seuls les habitants des communes rurales voisines sont autorisés à se rendre dans la zone critique pour leurs activités professionnelles habituelles.
La surveillance du volcan Láscar se poursuivra en permanence par l’Observatoire volcanologique des Andes méridionales (OVDAS) et le Système national de prévention et de réponse aux catastrophes. Les autorités régionales ont souligné que la sécurité des résidents et des touristes est la priorité absolue ; le périmètre de sécurité restera donc en vigueur jusqu’à ce que les conditions techniques permettent une réduction des risques. Le public est invité à suivre uniquement les sources d’information officielles afin d’éviter la propagation de rumeurs concernant l’évolution de cet événement géologique.
Sources : El Diario de Antofagasta , Sernageomin.
Photo : Sernageomin / Gabriel Orozco.
Costa Rica , Poas :
Bulletin hebdomadaire de surveillance volcanique OVSICORI-UNA, 13 mars 2026
Latitude : 10,20°N
Longitude : 84,23°O
Altitude : 2687 m
Niveau d’activité actuel : Alerte
Cette semaine, l’amplitude des trémors est restée relativement stable. Le nombre d’événements de longue période a augmenté en début de semaine, mais a diminué ces derniers jours. Peu d’événements présentent des amplitudes importantes. Le réseau géodésique n’enregistre pas de déformation significative.
La station MultiGAS a enregistré des moyennes hebdomadaires de SO₂/CO₂ proches de 1,5 ± 0,2 et de H₂S/SO₂ inférieures à 0,1, valeurs similaires à celles de la semaine précédente. Au point d’observation, des concentrations de SO₂ allant jusqu’à 3,5 ppm ont été enregistrées. Les stations DOAS ont détecté un flux de dioxyde de soufre (SO₂) de 106 ± 18 t/j, légèrement inférieur à celui de la semaine précédente (159 ± 83 t/j). Le niveau du lac hyperacide a fluctué sans tendance générale cette semaine. Du SO₂ a été détecté dans l’atmosphère par satellite à plusieurs reprises cette semaine, avec un pic de 33 tonnes le 11 mars.
Source : Ovsicori .
Photo : Sergio Lucena ( archive).
Alaska , Shishaldin :
Les signes d’activité volcanique sur le volcan Shishaldin persistent. L’activité sismique et infrasonore reste élevée, avec de nombreux petits séismes, de fréquents signaux infrasonores et un trémor volcanique enregistrés tout au long de la semaine. Les images des webcams, prises en journée, ont constamment montré des émissions de vapeur d’intensité variable, et des émissions de dioxyde de soufre ont été détectées par satellite les 6, 8 et 13 mars.
Le 11 mars, de forts vents du Nord ont remis en suspension des cendres et des poussières volcaniques et les ont transportées vers le Sud. Ce phénomène n’est pas lié à l’activité volcanique récente et se produit par temps de vents forts et de sécheresse, en l’absence de neige, sur le Shishaldin et dans d’autres zones volcaniques d’Alaska.
Source : AVO.
Photo : Beesley, Nick ( archive).







