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8 Octobre 2026. FR. Hawaii : Kilauea , Indonésie : Ibu , Colombie : Puracé – Puracé – chaîne volcanique Los Coconucos , Guatemala : Santiaguito , La Réunion : Piton de la Fournaise .

8 Octobre 2026.

 

 

 

Hawaii , Kilauea :

RAPPORT D’ACTIVITÉ DE L’OBSERVATOIRE VOLCANOLOGIQUE D’HAWAÏ (HVO), Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS)
Mercredi 7 octobre 2026, 15 h 13 HST (jeudi 8 octobre 2026, 01 h 13 UTC)

19°25’16 » N 155°17’13 » O,
Altitude du sommet : 4 091 pieds (1 247 m)
Niveau d’alerte volcanique actuel : ATTENTION (WATCH)
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE

Résumé :
L’imagerie satellitaire révèle l’étendue du dyke (intrusion magmatique) mis en place près de la surface entre le 30 septembre et le 1er octobre à Kaluapele, la caldeira sommitale du volcan Kīlauea. L’activité récente a eu un impact sur l’éruption en cours, entraînant une mise à jour des interprétations et des scénarios d’évolution possibles.

Interférogramme COSMO-SkyMed de seconde génération (CSG) montrant la déformation de la surface du sol autour du sommet du volcan Kīlauea entre le 24 septembre et le 2 octobre 2026. Les cercles bleus indiquent les séismes enregistrés durant cette période, les cercles les plus grands correspondant aux séismes les plus puissants. La majeure partie des séismes a eu lieu entre le 30 septembre et le 1er octobre 2026. La ligne jaune en pointillés et les flèches indiquent respectivement le tracé principal de l’intrusion souterraine et le mouvement relatif de la surface du sol. De nouvelles fissures, qui se sont probablement ouvertes vers le 30 septembre, ont été identifiées grâce à diverses méthodes de télédétection et sont représentées en rouge. Le schéma de déformation correspond à la présence d’une lame de magma superficielle et quasi verticale — appelée dyke — située à environ 1 kilomètre (ou moins) de profondeur sous la ligne jaune. Le symbole dans le coin supérieur gauche indique la direction de vol du satellite (par une flèche) et sa direction d’observation (par un trait). Le polygone rose représente les coulées de lave recouvrant le fond du cratère. Les principaux évents sont indiqués par des cercles violet clair, tandis que l’étendue des évents et fissures apparus entre le 14 et le 16 septembre 2026 est délimitée par une ligne en pointillés violet clair. Les routes sont représentées en noir. Les données satellitaires utilisées pour générer cet interférogramme ont été fournies par l’Agence spatiale italienne (ASI).

Résumé
Des images satellitaires récentes montrent l’intrusion de magma survenue entre le 30 septembre et le 1er octobre 2026 ; ce magma a suivi des réseaux de fractures créés à Kaluapele (la caldeira sommitale du Kīlauea) lors de l’effondrement du cratère Halemaʻumaʻu en 2018. Cette intrusion s’est produite très près de la surface, au Nord du cratère Halemaʻumaʻu, provoquant une étroite bande de déformation en surface ainsi que de nouvelles fractures superficielles de petite taille.

Mise en place de l’intrusion (dyke)
Un essaim sismique a débuté vers 14 h HST, le 30 septembre, à environ 1,5 km (1 mile) de profondeur sous le complexe d’évents du cratère Halemaʻumaʻu. Une trentaine d’événements localisés ont été enregistrés dans cette zone ; vers 20 h HST, l’activité sismique s’était déplacée vers le Nord-Est à la même profondeur, s’étendant depuis le bord du cratère Halemaʻumaʻu jusque loin à l’intérieur de Kaluapele. Cinquante autres séismes ont été localisés dans cette zone avant 4 h (heure d’Hawaï) le 1er octobre. L’activité sismique s’est poursuivie à un rythme décroissant au cours de la journée suivante ; le séisme le plus important, d’une magnitude de 3,5, a eu lieu le 2 octobre à 7 h 55 (heure d’Hawaï) sous la bordure Nord du cratère Halemaʻumaʻu. Au total, environ 130 séismes ont été enregistrés.

 

Localisation et forme de l’intrusion du dyke
Des images satellites récentes obtenues par interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) ont servi à élaborer un interférogramme permettant de préciser la forme et la localisation de l’intrusion du dyke. La création d’un interférogramme nécessitant une image satellite acquise avant l’événement et une autre après, il peut s’écouler de quelques jours à deux semaines avant que le couple d’images ne soit complet. Les passages en orbite des satellites COSMO-SkyMed de seconde génération de l’Agence spatiale italienne, effectués les 24 septembre et 2 octobre, ont servi à élaborer une carte interférométrique indiquant la localisation et la longueur estimées de l’intrusion filonienne (dyke).

Comparaison entre une image thermique et une image visuelle des nouvelles fissures apparues dans la caldeira Nord, au sommet du Kīlauea. Les zones où la température du sol est plus élevée s’étendent vers la gauche de la fissure, car la vapeur chaude est transportée vers le Sud-Ouest par les alizés. L’échelle de température est exprimée en degrés Celsius ; les températures maximales observées dans ces fissures avoisinent les 60 °C (soit 140 °F).

Les schémas de déformation de surface révèlent que le dyke s’étend depuis la zone d’éruption établie du cratère Halemaʻumaʻu et traverse la partie Nord-Ouest de Kaluapele. Les zones de déformation, qui longent parallèlement les bords Ouest du cratère Halemaʻumaʻu et de Kaluapele, sont très étroites et allongées ; elles tracent le parcours du magma s’infiltrant à une profondeur inférieure ou égale à un millier de pieds (environ 300 mètres) sous la surface. Le tracé du dyke suit des fractures du plancher de la caldeira formées en 2018 et a engendré une série de nouvelles petites fractures, identifiées sur d’autres images satellitaires.

Interprétation
L’élévation progressive de l’altitude des évents établis (secteur Nord-Sud-Ouest) au cours de cette éruption a accru la pression nécessaire pour expulser le magma et déclencher un épisode majeur de fontaine de lave. Le schéma habituel — une inflation du sommet à un rythme constant précédant les épisodes de fontaine — a commencé à évoluer vers une inflation par paliers avant l’épisode 51. Les épisodes 51 à 54 ont tous présenté des profils d’inflation similaires, entrecoupés de périodes sans inflation pouvant durer plusieurs jours. Depuis la fin de l’épisode de fontaine n° 54, le 25 août, ces schémas d’inflation irréguliers se sont poursuivis. L’ouverture de six évents sur et sous la paroi Nord-Ouest du cratère Halemaʻumaʻu, entre le 14 et le 16 septembre, suggère que le magma parvient à s’injecter dans des zones de faiblesse et des fractures préexistantes le long des bordures Nord et Ouest du cratère Halemaʻumaʻu, sans nécessiter la création de nouvel espace (cet événement ne s’est accompagné ni de séismes ni de déformations significatives). L’intrusion survenue entre le 30 septembre et le 1er octobre montre que le magma exploite également des fractures formées au sein de Kaluapele lors de l’effondrement de 2018 ; cet événement a été accompagné de séismes et de déformations du sol, résultant de l’ouverture ou de l’élargissement de fissures et de la compression des roches adjacentes. La survenue de ces deux intrusions de faible volume sous la zone sommitale du Kilauea au cours du mois écoulé suggère que la pression requise pour émettre du magma dense et dégazé depuis les évents établis est également suffisante pour permettre au magma d’exploiter des zones de faiblesse souterraines, le long des réseaux de fissures préexistants datant de 2018. Le magma est injecté dans ces zones fragiles sous forme de dykes qui prennent naissance au niveau du dyke sous-jacent aux évents établis et progressent vers le Nord, en direction des zones fracturées.

Source : HVO.

Photos : USGS , USGS/ M. Patrick.

 

 

Indonésie , Ibu :

Une éruption du mont Ibu s’est produite le jeudi 8 octobre 2026 à 14 h 39 WIT ; une colonne de cendres a été observée, atteignant environ 500 mètres au-dessus du sommet (soit environ 1 825 mètres au-dessus du niveau de la mer). La colonne de cendres, d’aspect gris et dense, dérivait vers le Nord-Est. L’éruption a été enregistrée par le sismographe avec une amplitude maximale de 28 mm et une durée de 57 secondes.

Observations sismiques
89 séismes d’éruption avec des amplitudes de 15 à 28 mm et des durées de 31 à 81 secondes.
1 séisme de type « émissions » (gust earthquake) avec une amplitude de 10 mm et une durée de 35 secondes.
11 trémors harmoniques avec des amplitudes de 2 à 20 mm et des durées de 41 à 125 secondes.
97 séismes à basse fréquence avec des amplitudes de 2 à 10 mm et des durées de 17 à 29 secondes.
120 séismes volcaniques superficiels avec des amplitudes de 2 à 8 mm et des durées de 7 à 21 secondes.
3 séismes volcaniques profonds avec des amplitudes de 6 à 28 mm,  et des durées de 14 à 23 secondes.
3 séismes tectoniques locaux avec des amplitudes de 10 à 28 mm,  et des durées de 23 à 30 secondes.
12 séismes tectoniques lointains avec des amplitudes de 2 à 28 mm,  et des durées de 34 à 134 secondes.

Recommandations
1. Il est conseillé aux communautés vivant à proximité du mont Ibu ainsi qu’aux visiteurs et touristes de ne mener aucune activité dans un rayon de 2 km, ni dans la zone d’extension sectorielle de 3,5 km s’étendant vers l’ouverture du cratère, sur le flanc Nord du cratère actif du mont Ibu.
2. En cas de retombées de cendres, il est conseillé aux personnes se trouvant à l’extérieur de se protéger le nez et la bouche (masques) ainsi que les yeux (lunettes de protection).

Source et photo : PVMBG.

 

 

Colombie , Puracé – Puracé – chaîne volcanique Los Coconucos :

Popayán, le 6 octobre 2026, 15 h 30.

Dans le cadre du suivi de l’activité du volcan Puracé – chaîne volcanique Los Coconucos (CVLC), le Service géologique colombien (SGC), organisme rattaché au ministère des Mines et de l’Énergie, signale ce qui suit :

Au cours de la semaine du 29 septembre au 5 octobre 2026, la sismicité associée au mouvement des fluides (gaz et liquides issus du magma et de son interaction avec le système hydrothermal) a connu une légère augmentation en nombre. Ces événements ont continué à se localiser principalement sous le cratère du volcan Puracé, à des profondeurs inférieures à 2 km.
La sismicité associée à la fracturation de la roche (VT) s’est maintenue à des niveaux similaires à ceux enregistrés la semaine précédente en termes de nombre d’événements ; elle a été localisée au Nord-Est du volcan, à des distances comprises entre 11 et 18 km et à des profondeurs allant de 7 à 14 km, un événement de magnitude 3,2 ML se distinguant parmi eux. Par ailleurs, dans la zone de confluence des flancs des volcans Puracé et Piocollo, des événements de faible magnitude ont été localisés à des profondeurs comprises entre 1 et 4 km.
Le processus de lente déformation du sol se poursuit dans le secteur situé entre les volcans Puracé, Piocollo et Curiquinga. En outre, des valeurs significatives continuent d’être enregistrées
concernant les émissions de dioxyde de soufre (SO₂) et de dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère, atteignant respectivement jusqu’à 200 t/jour et 1 100 ppm. Les observations
satellitaires ont permis d’identifier des anomalies thermiques de faible énergie à l’intérieur même du cratère au cours de cette période.

 Émission de cendres au volcan Puracé le 29 septembre 2026 à 16 h 40. Enregistrement de la caméra Mina2, située à 2,2 km au Nord-Ouest du volcan Puracé.

Trente-six émissions de cendres ont été enregistrées, atteignant des altitudes allant jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du sommet du volcan ; par ailleurs, un dégazage continu a été observé. La dispersion s’est faite principalement vers le Nord-Ouest et l’Ouest du volcan. Des signalements de vibrations du sol ont été reçus depuis la zone rurale de Puracé, ainsi que des rapports de retombées de cendres, tout comme à Coconuco et Paletará.

En conclusion, les variations observées au niveau du volcan Puracé indiquent que le système continue de présenter une instabilité concernant plusieurs paramètres surveillés ; il est possible que d’autres émissions et retombées de cendres se produisent, dispersées selon la direction prédominante des vents. Par ailleurs, on ne peut exclure la survenue de changements supplémentaires dans l’activité volcanique susceptibles d’entraîner des manifestations de surface plus énergétiques.

Le niveau d’alerte pour l’activité volcanique est maintenu au niveau « Jaune » : volcan actif présentant des modifications du comportement de base des paramètres surveillés et autres manifestations.

Source et photo : SGC.

 

 

Guatemala , Santiaguito :

Conditions atmosphériques : Ciel dégagé
Vent : Sud-ouest
Précipitations : 21,8 mm

Activité
L’Observatoire du volcan Santiaguito signale des conditions favorables à l’observation du dôme.
Des explosions faibles à modérées sont enregistrées à une fréquence de 1 à 4 par heure, propulsant des colonnes de gaz et de cendres jusqu’à 800 mètres d’altitude. Ces colonnes se déplacent vers le Nord-Est sous l’effet du vent. Une incandescence est visible au niveau du dôme, tout comme le détachement de blocs rocheux incandescents vers les flancs Ouest, Sud-Ouest et Sud.

Des retombées de cendres sont possibles sur Las Majadas, El Chorro et leurs environs en raison de la direction du vent. En raison de l’importante accumulation de matériaux rocheux, le « Domo Caliente » (Dôme chaud) et le promontoire situé au-dessus de la coulée de lave pourraient s’effondrer et générer des courants de densité pyroclastique à longue portée vers le Sud-Ouest ; il convient donc de respecter les recommandations du bulletin spécial BESAN-016-2026.

Source : Ovsicori

Photo : Afar tv.

 

 

La Réunion , Piton de la Fournaise :

Bulletin mensuel . Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise . Septembre 2026.

Observations
Au mois de septembre 2026, l’OVPF-IPGP a enregistré au niveau du massif du Piton de la Fournaise au total :
• 222 séismes volcano-tectoniques superficiels (de 0,2 à 1,5 km au-dessus du niveau de la mer) en majorité sous les cratères sommitaux Bory et Dolomieu ;
• 60 séismes profonds (sous le niveau de la mer) localisés sous la partie ouest du cône terminal ;
• 142 éboulements ou effondrements.
Le mois de septembre 2026 a été marqué par une hausse de l’activité sous le Piton de la Fournaise , avec 222 séismes volcano-tectoniques superficiels (au-dessus du réservoir magmatique superficiel) et 60 séismes profonds localisés entre 6 et 8 km de profondeur sous le niveau de la mer, à l’Ouest du sommet. La majorité de ces séismes sont de faible magnitude (M<1) empêchant une localisation précise de ces évènements. La hausse de la sismicité superficielle est particulièrement marquée à partir du 17 septembre 2026 , indiquant une augmentation de la mise en pression du réservoir superficiel.
142 éboulements ont également été observés. Comme les mois précédents, ces éboulements sont en partie localisés au niveau du sommet du Piton de la Fournaise et du cassé de la Rivière de l’Est, mais également au niveau des cônes éruptifs et des coulées récemment mises en place sur le flanc Est-Sud-Est du Piton de la Fournaise.

Déformation

Après l’arrêt de l’inflation observé au mois de juin 2026, une inflation de l’édifice est enregistrée depuis début août 2026, avec une légère augmentation des distances entre les couples de stations situés de part et d’autre des cratères sommitaux  .
L’extension de la zone sommitale depuis début août est d’environ 2 cm . Les vecteurs de déplacements ainsi que la carte de contraintes linéaires 3D indiquent une source d’inflation se situant sous le sommet de l’édifice  .
Les modélisations numériques des sources à l’origine de ces déformations montrent pour la période du 1er août au 31 septembre 2026 une source principale en inflation, centrée sous la zone sommitale, située à environ 1,6 km au-dessus du niveau de la mer  . Une source secondaire en déflation est localisée vers 10 km sous le niveau de la mer .
La source superficielle pourrait être liée à une mise en pression réservoir magmatique superficiel.

Bilan
En septembre 2026, l’inflation de l’édifice s’est maintenue indiquant la poursuite de la mise en pression du réservoir magmatique superficiel. Une augmentation de la sismicité superficielle est observée depuis le 17 septembre traduisant une accélération de l’activité sous le sommet. Une activité sismique profonde a également persisté tout le long du mois pouvant suggérer des mouvements de fluides en profondeur.
A noter que ce processus de pressurisation du réservoir superficiel peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois avant la rupture du toit du réservoir, donnant ainsi lieu à une injection de magma vers la surface et potentiellement à une éruption, mais peut également s’arrêter sans donner lieu -à brève échéance- à une éruption.

Source : OVPF.

Photo : Wilfried Prigent / ovpf/FB.

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