9 Octobre 2026.
Japon , Hokkaido-Komagatake :
L’Agence météorologique du Japon (JMA) a signalé une activité accrue au niveau du volcan Hokkaido-Komagatake à partir de la fin du mois de septembre. Une légère augmentation du nombre de séismes volcaniques localisés à environ 1 km sous le niveau de la mer, sous le cratère sommital, a été détectée les 23 et 24 septembre. Le nombre de séismes superficiels a augmenté le 26 septembre et l’activité sismique a continué de s’intensifier. Ce même jour, à 13 h 00, des inclinomètres ont enregistré un soulèvement autour du fond du cratère. Un séisme relativement important (magnitude 1,4) a été enregistré le 28 septembre à 20 h 30. Aucune modification en surface n’a été observée. Le 2 octobre à 07 h 30, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (le deuxième niveau le plus bas sur une échelle de 5) et le public a été averti que des projections balistiques pouvaient atteindre une distance de 4 km. Le gonflement s’est légèrement accéléré le 2 octobre, accompagné d’une augmentation des séismes volcaniques de faible amplitude, provenant principalement de faibles profondeurs sous le fond du cratère sommital. L’activité sismique et le gonflement ont ralenti plus tard dans la journée. Aucun séisme n’a été enregistré entre le 4 et le 7 octobre, bien que le gonflement se soit poursuivi.
Le Komagatake, situé sur la péninsule d’Oshima dans le Sud de Hokkaido, s’élève au Nord du lac Onuma et compte parmi les volcans les plus actifs de l’île la plus septentrionale du Japon. Son sommet s’est formé à la suite de l’effondrement de l’édifice volcanique, et les dépôts d’avalanche de débris à la topographie chaotique (« hummocky ») sont à l’origine de la formation du lac Onuma. Une période d’activité explosive plus fréquente a débuté avec une éruption explosive majeure en 1640.
Une grande partie du volcan andésitique tronqué de Hokkaido-Komagatake, situé sur la péninsule d’Oshima dans le Sud de Hokkaido, date du Pléistocène. Son sommet pointu se trouve sur le flanc Ouest d’un vaste cratère ouvert, formé à la suite de l’effondrement de l’édifice volcanique en 1640. Des dépôts d’avalanche de débris au relief chaotique (en « mamelons ») sont présents à la base du volcan sur trois de ses côtés. Deux éruptions pliniennes du Pléistocène supérieur et deux de l’Holocène ont précédé la première éruption historique de 1640, laquelle a marqué le début d’une période d’activité explosive plus fréquente. L’éruption de 1640, l’une des plus importantes survenues au Japon durant la période historique, a dispersé des cendres jusqu’au centre de Honshu et a généré une avalanche de débris atteignant la mer ; le tsunami qui en a résulté a causé la mort de 700 personnes. Trois éruptions pliniennes ont eu lieu depuis 1640 : en 1694, 1856 et 1929.
Sources : Agence météorologique du Japon (JMA) , GVP.
Photo : Ichio Moriya (Kanazawa University).
Indonésie , Anak Krakatau :
Une éruption du mont Anak Krakatau s’est produite le jeudi 8 octobre 2026 à 18 h 28 (WIB). L’éruption n’a pas été observée visuellement. Au moment de la rédaction de ce rapport, l’éruption était toujours en cours.
Observations sismiques
1 séisme d’éruption d’une amplitude de 46 mm et d’une durée de 494 secondes.
2 séismes d’émission avec des amplitudes de 19 à 29 mm et des durées de 21 à 23 secondes.
20 séismes hybrides/multiphasiques avec des amplitudes de 8 à 49,5 mm, et des durées de 3 à 16 secondes.
18 séismes volcaniques superficiels avec des amplitudes de 7 à 45 mm et des durées de 5 à 13 secondes.
2 séismes volcaniques profonds avec des amplitudes de 52 à 54 mm, et des durées de 15 à 26 secondes.
1 séisme tectonique lointain d’une amplitude de 3 mm, et une durée de 77 secondes.
1 événement de trémor continu avec une amplitude de 0,5 à 26 mm (amplitude dominante de 5 mm).
Le Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi (PVMBG) a signalé une activité éruptive persistante sur le Krakatau entre le 1er et le 7 octobre. Des panaches blancs s’élevant jusqu’à 50 m au-dessus du sommet ont été observés du 1er au 4 octobre. Le réseau sismique a détecté quatre événements éruptifs le 5 octobre. Aucun panache éruptif n’a été observé, peut-être en raison des conditions météorologiques ou de l’obscurité, bien que des projections de matériaux incandescents au-dessus du sommet aient été visibles sur les images de la webcam à 20 h 22 et 20 h 37. Le niveau d’alerte est resté à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il a été conseillé au public de se tenir à une distance de 2 km du sommet.
Sources : Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi (PVMBG, également connu sous le nom de CVGHM), GVP
Hawaii , Kilauea :
BULLETIN QUOTIDIEN DE L’OBSERVATOIRE DES VOLCANS D’HAWAÏ (HVO), Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS)
Jeudi 8 octobre 2026, 08 h 25 HST (jeudi 8 octobre 2026, 18 h 25 UTC)
19°25’16 » N 155°17’13 » O,
Altitude du sommet : 4 091 pieds (1 247 m)
Niveau d’alerte volcanique actuel : ATTENTION (WATCH)
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE
Résumé :
Au cours de la nuit, l’évent Nord du sommet du Kīlauea a émis de faibles projections de lave (spatter). Le sommet du Kīlauea présente un niveau de pressurisation élevé. Des fontaines de lave, des intrusions ou une éruption sur un nouveau site au sein de la zone sommitale pourraient se produire.
Observations du sommet :
Les évents Nord et Sud du cratère Halemaʻumaʻu ont présenté une forte lueur et des flammes sur les images des webcams nocturnes, l’évent Nord émettant de faibles quantités de projections de lave. De denses panaches de gaz volcaniques s’échappent des deux évents sur les images diurnes des webcams.
Au cours des dernières 24 heures, six séismes superficiels ont été localisés dans la zone sommitale du Kīlauea. L’inclinomètre Uēkahuna (UWD) a enregistré une inflation d’environ 1 microradian entre 8 h et 16 h hier, le 7 octobre. Depuis lors, l’UWD a indiqué une lente déflation totalisant environ un microradian, ce qui n’a entraîné aucune variation nette de l’inclinaison au cours de la journée écoulée.
Durant les pauses entre les épisodes éruptifs, le taux d’émission de dioxyde de soufre (SO2) au sommet varie généralement entre 1 000 et 5 000 tonnes par jour. Les prévisions météorologiques annoncent actuellement des vents de secteur Sud/Sud-Ouest, ce qui pourrait entraîner des conditions de « vog » (smog volcanique) dans les localités situées autour du sommet du Kīlauea.
Observations des zones de rift :
Les niveaux de sismicité et de déformation du sol restent faibles dans la zone de rift Est et la zone de rift Sud-Ouest. Les émissions de SO2 provenant de la zone de rift Est demeurent inférieures au seuil de détection. Aucune déformation significative du sol n’a été enregistrée dans l’une ou l’autre des zones de rift.
Analyse :
Le Kīlauea a connu des éruptions épisodiques entre le 23 décembre 2024 et le 25 août 2026, à partir de deux évents (Nord et Sud) situés dans le cratère Halema‘uma‘u, au sommet. Les épisodes de fontaines de lave duraient généralement moins de 12 heures et étaient séparés par des pauses d’au moins deux semaines. Les fluctuations irrégulières de l’inflation et de la déflation au sommet du Kīlauea depuis le dernier épisode de fontaines de lave (le 54e, survenu le 25 août 2026) empêchent toute modélisation prédictive quant à la date du prochain épisode de ce type. Un nouvel épisode de fontaines de lave provenant du complexe d’évents Nord-Sud reste possible ; toutefois, une activité intrusive sous Kaluapele pourrait également se produire, ou le magma pourrait emprunter des réseaux de fractures préexistants dans la zone sommitale pour une éruption passive (accompagnée de peu ou pas de sismicité ni de déformation).
Source : HVO.
Photos : Hawaii Volcanoes National Park
Chili / Argentine , Nevados de Chillan :
Rapport spécial sur l’activité volcanique (REAV) – Région de Ñuble, Complexe volcanique Nevados de Chillán
Émis le 8 octobre 2026 à 12 h 13 (heure locale, Chili continental)
Le Service national de géologie et des mines du Chili (Sernageomin) communique les informations PRÉLIMINAIRES suivantes, obtenues grâce aux équipements de surveillance du Réseau
national de surveillance volcanique (RNVV) et traitées/analysées par l’Observatoire volcanologique des Andes du Sud (Ovdas) :
Ce jeudi 8 octobre à 12 h 11 (heure locale), les stations de surveillance installées à proximité du complexe volcanique Nevados de Chillán ont enregistré un séisme associé à la dynamique interne des fluides.
Les caractéristiques du séisme sont les suivantes :
HEURE D’ORIGINE : 12 h 11 (heure locale) / 15 h 11 (UTC)
LOCALISATION : Aucune donnée de localisation
DÉPLACEMENT RÉDUIT : 451,5 cm²
Observations complémentaires
Au moment de l’émission de ce rapport, aucune autre activité notable n’est enregistrée.
Le Servicio Nacional de Geología y Minería (SERNAGEOMIN) et le Servicio Geológico Minero Argentino (SEGEMAR) ont signalé qu’une nouvelle coulée de lave sur le Nevados de Chillán a été observée pour la première fois le 29 septembre. L’activité sismique s’est intensifiée le 27 septembre. Des anomalies thermiques, coïncidant avec la zone où une activité explosive avait été signalée juste au Sud-Ouest du cratère Nicanor, ont été détectées sur des images satellites ces derniers jours, mais se sont intensifiées le 29 septembre. Une coulée de lave sur le flanc Ouest du complexe de cratères sommitaux était visible sur les images de webcam ce même jour. Au cours des premières heures du 1er octobre, une incandescence persistante a été observée au niveau de l’évent, accompagnée de plusieurs épisodes explosifs produisant des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 500 m au-dessus du sommet et dérivant vers le Nord-Est et le Sud-Est.
Une hausse des températures de surface a été relevée dans les données satellitaires le 4 octobre. L’activité explosive s’est intensifiée au début de la journée du 5 octobre, se caractérisant par une incandescence persistante dans la zone des cratères actifs et par l’éjection de blocs balistiques à des distances supérieures à celles enregistrées précédemment. Le niveau d’alerte est resté au jaune (le deuxième niveau le plus bas sur une échelle de quatre couleurs) et le public a été averti qu’une éruption pourrait affecter les zones situées dans un rayon de 2 km autour du cratère actif. Le Sistema y Servicio Nacional de Prevención y Repuesta Ante Desastres (SENAPRED) a maintenu une « alerte précoce préventive » pour les communes de Pinto et Coihueco et a recommandé au public de se tenir à une distance de 2 km du centre d’émission n° 3 (EC3).
Sources : Servicio Nacional de Geología y Minería (SERNAGEOMIN), Sistema y Servicio Nacional de Prevención y Repuesta Ante Desastres (SENAPRED), Servicio Geológico Minero Argentino (SEGEMAR), GVP.
Photo : Josefauna. ( archive).
Nicaragua , Telica :
Le centre d’avis sur les cendres volcaniques (VAAC) de Washington a signalé qu’un panache de cendres s’élevant du volcan Telica avait été identifié sur des images de webcam le 30 septembre ; ce panache atteignait une altitude de 1,2 km (4 000 pieds) au-dessus du niveau de la mer et dérivait vers le Sud-Ouest et le Nord-Est. Le 1er octobre, des émissions fréquentes de cendres, visibles à la fois sur les images satellites et celles des webcams, se sont élevées jusqu’à 1,5 km (5 000 pieds) d’altitude avant de dériver vers le Nord-Ouest et le Nord-Est. Un panache de cendres diffus a été observé sur des images de webcam le 3 octobre, s’élevant à 1,5 km d’altitude et dérivant vers le Nord-Ouest.
Le Telica, l’un des volcans les plus actifs du Nicaragua, est entré en éruption fréquemment depuis le début de l’époque coloniale espagnole. Ce groupe volcanique se compose de plusieurs cônes et évents imbriqués, alignés globalement selon un axe Nord-Ouest. Des éruptions ont été signalées au XVIe siècle au niveau du volcan Santa Clara, de forme symétrique, situé à l’extrémité Sud-Ouest du groupe. Toutefois, son cratère érodé et ouvert est recouvert de forêt depuis les temps historiques ; il est possible que ces éruptions provenaient en réalité du Telica, dont les pentes supérieures sont, à l’inverse, dépourvues de végétation. Le cône du Telica, aux pentes abruptes, est tronqué par un double cratère de 700 m de large ; le cratère Sud, source des éruptions récentes, présente une profondeur de 120 m. Le volcan El Liston, situé immédiatement à l’Est, comporte plusieurs cratères emboîtés. Les fumerolles et les mares de boue bouillonnante de Hervideros de San Jacinto, au Sud-Est du Telica, constituent une zone géothermale remarquable très fréquentée par les touristes ; des activités d’exploration géothermale ont également eu lieu à proximité.
Sources : Washington Volcanic Ash Advisory Center (VAAC), GVP.
Photo : Archive Ineter





