You are currently viewing 22 Mars 2026. FR. Ile de La Réunion : Piton de la Fournaise , Philippines : Bulusan , Indonésie : Guntur , Equateur : Sangay , Hawaii : Kilauea .

22 Mars 2026. FR. Ile de La Réunion : Piton de la Fournaise , Philippines : Bulusan , Indonésie : Guntur , Equateur : Sangay , Hawaii : Kilauea .

22 Mars 2026.

 

 

Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :

Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 22 Mars 2026 – 7h45 heure locale – 3h45 heure UTC

Éruption en cours
L’éruption débutée le 13 février 2026 peu après 10h (heure locale) au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône qui s’est formé par accumulation des projections. Les fontaines de lave sur le site éruptif sont toujours très actives avec des projections à une dizaine de mètres de hauteur au-dessus du cône, visibles depuis le Piton de Bert .
Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine deux bras principaux se divisant en bras secondaires. Sur les dernières 24 heures, seul le bras principal Sud était actif  . Les fronts des deux bras Nord sont restés figés , situés respectivement à environ 660 mètres d’altitude pour le bras principal Nord et 690 mètres pour le bras secondaire Nord.
Le bras Sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars.

Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée  .
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave . Sur les dernières 24h l’alimentation en lave de la plateforme était plus faible et de nombreux tunnels de lave s’y étaient développés.
Au niveau de cette entrée à l’océan, un panache de gaz est toujours présent . Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension. Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents.

Ce panache, parfois appelé « laze » (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.

L’activité sismique est toujours en hausse, avec plus de 225 séismes volcano-tectoniques détectés sur la journée du 21 mars . Ces séismes sont localisés au-dessus du réservoir superficiel (situé aux alentours de 1,5 et 2 km de profondeur sous le sommet) et en majorité sous la bordure Sud-Est du cratère Dolomieu.
La déflation de la zone sommitale se poursuit. La diminution des lignes de base traversant le sommet révèle une contraction de la zone sommitale . Cette déflation suggère une dépressurisation du réservoir magmatique superficie.

Entre le 14 et le 20 mars, une augmentation significative du trémor éruptif a été observée, accompagnée de phases intermittentes de type « gaz piston » . Ces signaux traduisent un dégazage pulsé dans le conduit, lié à la remontée de poches de gaz à travers le magma toutes les 5 à 10 minutes environ. La dernière séquence de ce type s’est arrêtée le 20 mars vers 7h30 UTC (11h30 heure locale) et depuis, une baisse de l’amplitude du trémor est désormais observée.

Évolution de l’amplitude du trémor (indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface) entre le 13 février et le 22 mars 2026 sur la station sismologique FOR située à proximité de l’éruption (©WebObs/OVPF-IPGP)

L’intensification du trémor a été corrélée à une hausse des flux de SO₂ mesurés par satellite (TROPOMI) et par le réseau NOVAC de l’OVPF au sol depuis le 15 mars , suggérant une augmentation de l’activité de dégazage. Sur les dernières 24h, le flux de SO2 est en baisse mais reste élevé (3.5 kton/jour). Depuis le 18 mars, une augmentation des débits estimés grâce
aux données satellitaires (HOTVOLC, OPGC-Université Clermont Auvergne et MIROVA, Université de Turin) a également été observée avec des valeurs maximales supérieures à 30 m3/s atteint le 20 mars et des valeurs maximales à 23 m3/s sur les dernières 24h. A noter que ces valeurs peuvent être sous-estimées par des biais d’observation, notamment liés aux conditions
météorologiques (ennuagement), au développement d’écoulements en tunnels de lave, ainsi qu’à l’entrée de la coulée en mer, qui limitent la détection du rayonnement thermique .

Niveau d’Alerte 2.2

Source : OVPF / IPGP.

Photos : Vincent Cheville / Vincent Tunneldelave Réunion / FB , ULM Papangue / OVPF , OVPF.

 

Philippines , Bulusan :

BULLETIN D’ACTIVITE DU VOLCAN BULUSAN, 22 mars 2026, 12 h 00

Avis de passage du niveau d’alerte du volcan Bulusan de 0 (Normal) à 1 (Instabilité de faible intensité).

Le volcan Bulusan est entré dans une période d’activité de faible intensité, caractérisée par une série soutenue de séismes volcaniques qui a débuté le 15 mars 2026. Depuis lors, le Réseau volcanologique du Bulusan (RVB) a enregistré un total de 475 séismes volcaniques. La plupart étaient des séismes volcano-tectoniques de faible intensité, associés à la fracturation de la roche à faible profondeur sous l’édifice volcanique. Leurs caractéristiques générales sont similaires à la sismicité observée avant les éruptions de juin 2022 et d’avril 2025. De plus, les données de déformation du sol issues du suivi continu par GPS et par inclinaison électronique indiquent un gonflement des flancs Ouest et Sud-Est depuis respectivement la dernière semaine de janvier et la première semaine de mars 2026. L’activité de dégazage des évents actifs, lorsqu’elle est visible, est faible à modérée, ce qui correspond à de faibles émissions de dioxyde de soufre (SO₂) d’origine volcanique, comme l’indiquent les valeurs inférieures à la moyenne de fond de 91 tonnes/jour mesurées le 17 mars 2026. Globalement, ces paramètres pourraient indiquer que des processus hydrothermaux superficiels sont en cours sous le volcan, susceptibles d’entraîner des éruptions phréatiques (ou éruptions de vapeur) à l’un de ses évents sommitaux.

Compte tenu de ce qui précède, le DOST-PHIVOLCS relève le niveau d’alerte du Bulusan du niveau 0 au niveau 1, ce qui signifie que le volcan est actuellement en état d’agitation légère, avec un risque accru d’éruptions phréatiques. Il est rappelé aux autorités locales et au public que l’accès à la zone de danger permanent (ZDP) de 4 kilomètres de rayon est strictement interdit et qu’une vigilance accrue est requise dans la zone de danger étendue (ZDE) de 2 kilomètres, au Sud-Est, en raison des risques volcaniques potentiels tels que les coulées pyroclastiques, les projections balistiques, les chutes de pierres, les avalanches et les retombées de cendres. Les populations situées à l’Ouest du volcan sont également invitées à se préparer à d’éventuelles retombées de cendres en cas d’éruption phréatique, en portant une attention particulière aux personnes vulnérables, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes souffrant de problèmes de santé. Les autorités de l’aviation civile doivent également recommander aux pilotes d’éviter de survoler le sommet du volcan, car les cendres issues d’une éruption phréatique soudaine peuvent s’avérer dangereuses pour les aéronefs. De plus, les populations vivant dans les vallées et le long des cours d’eau, notamment dans les secteurs Sud-Est, Sud-Ouest et Nord-Ouest du volcan, doivent redoubler de vigilance face aux risques de coulées de boue et de lahars en cas de fortes pluies prolongées, susceptibles d’accompagner une éruption phréatique.

Le DOST-PHIVOLCS surveille de près l’évolution du volcan Bulusan et toute nouvelle information sera communiquée aux personnes concernées.

Source et photo : DOST-PHIVOLCS.

 

Indonésie , Guntur :

Augmentation du nombre de séismes volcaniques profonds sur le volcan Guntur, Java occidental.

Le volcan Guntur est un complexe volcanique de nature andésitique composé de cônes anciens et récents. Les cônes anciens sont Kamojang, Kancing, Gandapura, Gajah, Agung, Picung et Pasir Malang. Les cônes récents comprennent Masigit (le plus haut sommet, culminant à 2 249 m), Paruhpuyan, Kabuyutan et Guntur, qui forment un alignement Nord-Ouest/Sud-Est.

L’activité du volcan Guntur est surveillée depuis le poste d’observation de Guntur, situé dans le village de Sirna Jaya, dans la régence de Garut, à Java occidental. Le 21 mars 2026 à 8 h 00, heure de l’Ouest de l’Indonésie (WIB), 11 séismes volcaniques profonds ont été enregistrés. Aucune fumée n’a été observée au niveau du cratère . La sismicité du mont Guntur est généralement dominée par les séismes tectoniques distants (TJ). Entre le 1er et le 20 mars 2026, un séisme volcanique superficiel (VB), 79 séismes volcaniques profonds (VA), 21 séismes tectoniques locaux (TL), un séisme ressenti sur l’échelle I/MMI et 36 séismes tectoniques distants (TJ) ont été enregistrés. Le nombre de séismes volcaniques profonds a augmenté les 18 et 19 mars (17 événements chacun). Le 20 mars, 26 séismes volcaniques profonds, quatre séismes tectoniques locaux et quatre séismes tectoniques distants ont été enregistrés .

La distribution des hypocentres des séismes volcaniques profonds  en mars 2026 semble concentrée à des profondeurs de 2,5 à 6,5 km sous le sommet. Les épicentres sont orientés Nord-Ouest/Sud-Est. Cette direction correspond à la structure ou à l’alignement dominant de la région. L’occurrence de séismes volcaniques profonds indique la migration ou le mouvement du magma depuis les chambres magmatiques profondes vers des zones plus superficielles.

Le niveau d’activité du mont Guntur est actuellement de niveau I (normal).

Source et photo : PVMBG.

 

Equateur , Sangay :

RAPPORT QUOTIDIEN DE L’ETAT DU VOLCAN SANGAY , Samedi 21 Mars 2026 .
Information Geophysical Institute – EPN.

Niveau d’activité Superficiel: Haute  , Tendance de surface : Sans changements
Niveau d’activité interne: Modéré , Tendance interne : Sans changements

Sismicité : Du 20 Mars 2026, 11:00h au 21 Mars 2026, 11:00h :

Sismicité :
Explosions ( EXP) : 143

Précipitations/Lahars :
Aucune précipitation n’a été enregistrée dans la zone du volcan. **En cas de fortes pluies, cela pourrait remobiliser les matériaux accumulés, générant des coulées de boue et de débris qui dévaleraient les flancs du volcan et se jetteraient dans les rivières avoisinantes.

 

Colonne d’émission / cendres :
Depuis hier après-midi, plusieurs émissions de gaz et de cendres ont été observées par le système de caméras de surveillance. Ces émissions ont atteint une hauteur comprise entre 300 et 500 mètres au-dessus du cratère et se sont déplacées vers le Nord-Est et l’Est. L’agence VAAC de Washington a également publié deux rapports faisant état de panaches de gaz et de cendres atteignant 900 mètres au-dessus du cratère et se déplaçant vers l’Est.

Autres paramètres de surveillance :
Au cours des dernières 24 heures, le système satellitaire FIRMS a enregistré huit anomalies thermiques, le système MIROVA-MODIS une, le système MIROVA-VIIRS 375 deux et le système MIROVA-VIIRS 750 deux.

Observation :
Durant la nuit dernière, les caméras de surveillance ont observé des matériaux incandescents dévalant les flancs du volcan jusqu’à une distance de 1 400 mètres sous le cratère.
Au moment de la rédaction de ce rapport, le volcan reste partiellement dégagé.

Niveau d’alerte : jaune

Source : IGEPN

Photo :  Eqphos_fotografía

 

 

Hawaii , Kilauea :

BULLETIN QUOTIDIEN DE L’OBSERVATOIRE VOLCANIQUE D’HAWAÏ, Service géologique des États-Unis
Samedi 21 mars 2026, 9 h 03 HST (Samedi 21 mars 2026, 19 h 03 UTC)

19°25’16 » N 155°17’13 » O
Altitude du sommet : 1 247 m (4 091 pi)
Niveau d’alerte volcanique actuel : ATTENTION
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE

Résumé de l’activité :
L’éruption du cratère Halemaʻumaʻu sur le Kīlauea est en pause. Le sommet se gonfle lentement, des lueurs intermittentes étaient visibles à l’évent Sud et le phénomène de « gaz piston »  se poursuit. La période de prévision préliminaire pour le début des fontaines de lave de l’épisode 44 s’étend du 1er au 10 avril.
Aucune activité significative n’a été observée le long des zones de rift Est et Sud-Ouest du Kīlauea.
Les coupures de courant et les perturbations liées aux intempéries continuent de perturber notre réseau de surveillance. Une nouvelle tempête est attendue ce week-end et nous prévoyons que les problèmes persisteront jusqu’à son passage et le rétablissement de l’alimentation électrique sur l’île.

REMARQUE : La caméra V2 est hors service suite à une coupure de courant ; la caméra V1 reste endommagée depuis l’épisode 43.

Observations au sommet :
Durant la nuit, une lueur intermittente a été observée à l’évent Sud via la webcam V3. Actuellement, les deux évents sont calmes et émettent des panaches de gaz, tandis qu’une abondante vapeur s’élève des coulées de lave refroidies de l’épisode 43 à l’intérieur du cratère Halemaʻumaʻu.
Le trémor sismique a globalement diminué, bien que des salves de secousses persistent à intervalles de 5 à 10 minutes. Ces bouffées correspondent aux pics de température enregistrés par la caméra thermique F1 au niveau de l’évent Sud, ce qui est cohérent avec le mouvement de gaz piston à l’intérieur de cet évent. Aucun séisme n’a été enregistré au sommet au cours des dernières 24 heures.

Les inclinomètres sommitaux UWD, SDH et SMC continuent d’enregistrer une lente inflation ces derniers jours. L’inclinomètre UWD est actuellement hors service, mais on estime qu’il a gagné environ 12 microradians d’inclinaison depuis la fin de l’épisode 43.
Lors des pauses éruptives, comme c’est le cas actuellement, le taux d’émission de SO₂ au sommet a varié entre 1 000 et 5 000 tonnes par jour.

Observations des zones de rift :
Les taux de sismicité et de déformation du sol restent très faibles dans les zones de rift Est et Sud-Ouest. Les émissions de SO₂ de la zone de rift Est demeurent inférieures au seuil de détection.

Source et photo : HVO.

 

 

Laisser un commentaire