24 Février 2026.
Ile de la Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 24 Février 2026 – 9h45 heure locale – 5h45 heure UTC.
Éruption en cours
L’éruption débutée le 13 février 2026, un peu après 10h (heure locale), au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan avec des fontaines toujours visibles depuis le Piton de Bert . Un cône est en cours de formation par accumulation des projections de lave . Celui-ci est en train de se refermer, tandis qu’une activité en tunnel de lave se développe en aval du cône.
Le front de la coulée de lave reste figé dans la partie basse des Grandes Pentes à environ 2,6 km de la route et à 660 m d’altitude. Les parties actives de la coulée se concentrent désormais toujours à proximité du site éruptif avant le cassé des Grandes Pentes où le champ de lave s’élargit et s’épaissit.
Sur les dernières 24h aucun séisme volcano-tectonique n’a été enregistré . En revanche, de nombreux éboulements sont toujours enregistrés , aussi bien au niveau du cratère Dolomieu qu’au niveau du site éruptif et des coulées récemment mises en place.
Les déformations de surface observées depuis les premiers jours de l’éruption indiquaient une déflation de la zone sommitale liée à la vidange rapide du réservoir magmatique superficiel alimentant le site éruptif (réservoir localisé aux alentours de 1,5–2 km de profondeur sous le sommet). Cette phase de déflation rapide s’est désormais arrêtée. Pour l’instant, aucune tendance significative ne se dégage sur les données du réseau de déformation GNSS.
L’intensité du trémor éruptif (indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface) reste relativement stable avec quelques fluctuations de faible amplitude et une légère augmentation sur les dernières 24h .
Les débits en surface, estimés à partir des données satellites, via les plateformes HOTVOLC (OPGC – Université Clermont Auvergne ) et MIROVA (Université de Turin) ont montré des valeurs au cours des dernières 24h comprises entre 1 et 11 m3/sec. A noter qu’en fonction de la couverture nuageuse, ces estimations peuvent varier rapidement et être nulles en cas d’en-
nuagement total. Les débits de lave en surface, estimés à partir des données thermiques satellitaires, concordent globalement avec ceux calculés à partir des flux de SO₂ mesurés par les stations NOVAC de l’OVPF installées sur le pourtour de l’Enclos Fouqué . Les différences observées sont liées à la géométrie du panache et aux conditions météorologiques.
A noter que le début de l’éruption de février 2026 a été associé à un flux de SO2 très important (jusqu’à 10kton/jour le 13/2). Ces émissions ont diminué rapidement entre le 13 et le 15/2. Depuis le 16/2, un flux plus faible (< 0.1 kton/jour) de SO2 est mesuré. Cette tendance est associée à une diminution continue de la quantité de lave émis par jour .
Néanmoins le panache de gaz lié à l’éruption recouvrait hier et ce matin une bonne partie de l’Enclos Fouqué et du cône terminal , ne permettant pas aux équipes de l’OVPF de se rendre sur le terrain.
Prise de vue depuis le Pas de Bellecombe Jabob le 24/02/2026 8h05 (©OVPF-IPGP)
L’estimation des débits de lave en surface permet de suivre le volume de lave émis en surface ; ainsi depuis le début de l’éruption, environ 6 Mm3 ont été émis en surface.
L’absence actuelle de reprise de l’inflation de l’édifice, de sismicité, ainsi que les niveaux relativement faibles du trémor et des débits éruptifs suggèrent l’établissement d’un équilibre entre le magma alimentant le réservoir superficiel et celui émis au niveau du site éruptif, sans re-pressurisation significative de ce réservoir.
Ces observations réduisent, à court terme, la probabilité de l’ouverture d’une nouvelle fissure. Toutefois, l’observatoire reste vigilant ; en effet par le passé des fissures éruptives se sont ouvertes au cours d’une éruption sans signaux avant-coureurs, comme par exemple en août 1998, juillet 1999, octobre 1999, décembre 2006 et mars 2019. En effet, la propagation du magma à faible profondeur peut se produire de manière asismique notamment lorsque le magma est déjà dégazé.
Niveau d’Alerte 2.1
Source : OVPF/ IPGP.
Photos : Papangue ULM , OVPF.
Italie , Stromboli :
Communiqué sur l’activité de Stromboli , 23 Février 2026 , 03:08 (02:08 UTC) .
L’Institut national de géophysique et de volcanologie, Osservatorio Etneo, annonce que l’analyse des images des caméras de surveillance montre qu’à partir de 00:00 UTC environ, une activité effusive est en cours en raison du débordement de lave de la zone Nord du cratère, produisant une coulée de lave dont les fronts se situent dans la partie supérieure de la
Sciara del Fuoco.
D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique est actuellement dans la moyenne. Aucun changement significatif n’a été signalé dans la fréquence et l’amplitude des séismes d’explosion.
Aucun changement significatif n’a été observé dans les données du réseau GNSS.
D’autres mises à jour seront communiquées prochainement.
Source : INGV.
Photo : Stromboli stati d’animo / Sebastiano Cannavo .
Indonésie , Ili Lewotolok :
Réduction du niveau d’activité du volcan Ili Lewotolok du niveau III (Siaga) au niveau II (Waspada) le 24 février 2026, à compter de 6 h 00 WITA.
Le volcan Ili Lewotolok a été placé en alerte de niveau III (SIAGA) le 18 janvier 2026 suite à une intensification de son activité éruptive, caractérisée par des coulées de lave s’échappant du cratère Ouest. Après cette hausse d’activité, l’activité volcanique de l’Ili Lewotolok est restée élevée jusqu’à la mi-février 2026, date à laquelle elle a progressivement diminué, et les coulées de lave dans le secteur Ouest ont cessé d’être observées.
Les données sismiques recueillies du 1er au 15 février 2026 ont enregistré 1 760 séismes d’éruptions, 4 410 séismes d’émissions, 21 tremors harmoniques, 81 tremors non harmoniques, 2 séismes volcaniques superficiels, 10 séismes volcaniques profonds, 3 séismes tectoniques locaux et 9 séismes tectoniques distants. Du 16 au 22 janvier 2026, 400 séismes d’éruptions, 1 592 tremors sismiques, 3 trémors non harmoniques, 1 séisme hybride, 1 séisme volcanique superficiel, 14 séismes volcaniques profonds, 5 séismes tectoniques locaux et 2 séismes tectoniques distants ont été enregistrés.
Du 16 au 22 janvier 2026, le volcan était parfaitement visible jusqu’à ce qu’il soit enveloppé de brouillard. Une fumée blanche et grise, d’intensité faible à modérée, s’élevait du cratère à une hauteur de 5 à 100 mètres au-dessus du sommet. La colonne éruptive, de couleur blanche à grise, s’étendait de 50 à 200 mètres au-dessus du sommet. Les matériaux éjectés sont retombés principalement dans la zone autour du cratère. L’éruption s’est accompagnée d’un grondement faible à modéré. Les coulées de lave dans le secteur Ouest ont cessé.
Suite aux observations visuelles et instrumentales, l’activité volcanique du mont Ili Lewotolok a diminué. Par conséquent, son niveau d’activité a été abaissé du niveau III (SIAGA) au niveau II (WASPADA) à compter du 24 février 2026 à 6h00 (heure d’Indonésie centrale), et les recommandations suivantes sont émises :
Il est conseillé aux populations riveraines du mont Ili Lewotolok, ainsi qu’aux visiteurs, alpinistes et touristes, de s’abstenir de toute activité dans un rayon de 2 kilomètres autour du centre d’activité. Ils doivent être conscients du risque d’avalanches de lave et de coulées pyroclastiques dans les secteurs Sud, Sud-Est, Ouest et Nord-Est du mont Ili Lewotolok. Il est conseillé aux habitants vivant autour du mont Ili Lewotolok de porter des masques et d’autres équipements de protection pour protéger leurs yeux et leur peau, éviter les infections respiratoires aiguës (IRA) et autres problèmes de santé, et de couvrir les récipients d’eau propre pour éviter l’exposition aux cendres volcaniques.
Source : PVMBG.
Photo : Magma Indonésie.
Chili / Argentine , Laguna del Maule :
Pour la période évaluée, l’activité sismique volcano-tectonique (VT), associée à la fracturation des roches à l’intérieur du volcan, a montré une diminution à la fois du nombre d’événements
enregistrés et de leur énergie libérée, par rapport à la période précédente.
L’événement VT le plus énergétique enregistré avait une magnitude locale (ML) de 2,4 et était situé à 5,4 km au Sud-Sud-Est (SSE) du centre du lac, à une profondeur de 4,5 km.
L’activité sismique associée aux mouvements de fluides à l’intérieur du volcan, représentée par les événements de longue période (LP), a enregistré un nombre d’événements et une énergie inférieurs à ceux de la période précédente. L’événement le plus énergétique, mesuré à partir de son déplacement réduit (DR), a enregistré une valeur de 5,2 cm².
L’utilisation d’un radar interférométrique (InSAR) avec les images Sentinel-1 a permis d’observer la poursuite du processus de soulèvement, avec des taux de déformation verticale légèrement inférieurs aux périodes précédentes, mais toujours élevés par rapport à la valeur de référence. Les images des caméras de surveillance installées à proximité du complexe volcanique n’ont révélé aucune activité de surface associée à celui-ci. De plus, le traitement des images satellitaires n’a détecté aucune anomalie thermique liée au complexe volcanique.
RECOMMANDATIONS
La zone située à proximité du centre de dégazage passif de CO₂ en territoire chilien, dans un rayon de 2 km, est considérée comme une zone à risque. Restez informé(e) de l’évolution de l’activité volcanique et évitez de vous approcher de la zone de dégazage passif.
N’utilisez que des sources officielles pour vous informer. Il est recommandé de vous renseigner sur les mesures de prévention contre les risques volcaniques auprès du Système national de gestion intégrée des risques (SINAGIR) et des autorités de protection civile des communes voisines.
Le niveau d’alerte technique jaune indique une évolution de l’activité volcanique.
Source : Segemar .
Photo : Claudio Arriagada.
Costa Rica , Rincon de la Vieja :
Latitude : 10,83°N ;
Longitude : 85,34°O ;
Altitude : 1916 m au-dessus du niveau de la mer.
Niveau d’activité actuel : Alerte.
Une petite éruption a été enregistrée le 17 février ; cependant, l’activité éruptive est très faible depuis le 6 janvier 2026. On a observé une légère augmentation de l’amplitude des trémors cette semaine, après une courte séquence de brèves secousses. Ces trémors ont précédé l’éruption, et leur amplitude a diminué par la suite. Des événements de longue période et de type tornillos, d’amplitude stable, continuent de se produire. Le réseau géodésique ne présente aucune déformation significative. Cette semaine, les stations DOAS ont enregistré un flux de SO₂ de 64 ± 15 t/j, légèrement inférieur à celui de la semaine précédente (97 ± 51 t/j). La dernière détection satellitaire de SO₂ dans l’atmosphère remonte à septembre 2025 (28 tonnes).
Source : Ovsicori .
Photo : Chris Allen / Sunquest helitours / RSN





