25 Mars 2026.
Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 25 Mars 2026 – 8h40 heure locale – 4h40 heure UTC
Éruption en cours
Résumé
L’éruption débutée le 13 février 2026 se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc Sud-Sud-Est. Seule la coulée principale Sud est encore alimentée et continue d’alimenter une plateforme à l’océan, sur laquelle les circulations de lave se font désormais majoritairement en tunnel. Au niveau du cône éruptif des remous actifs et débordements récurrents sont observés. La sismicité et la déflation superficielle montrent un ralentissement. Le trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) est relativement stable mais montre de nombreuses fluctuations de faible amplitude.
Observations sur les différents sites
L’éruption débutée le 13 février 2026 peu après 10h (heure locale) au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône qui s’est formé par accumulation des projections, visibles depuis le Piton de Bert . Sur la journée du 24 mars, le niveau de lave au niveau du cône était toujours très élevé avec des remous actifs et débordements récurrents associés à la remontée de bulles de
gaz.
Le champ de lave dessine deux bras principaux se divisant en bras secondaires. Sur les dernières 24 heures, seul le bras principal Sud était actif . Les fronts des deux bras Nord sont restés figés , situés respectivement à environ 660 mètres d’altitude pour le bras principal Nord et 690 mètres pour le bras secondaire Nord.
Le bras Sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars.
Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée. Un de ces bras a fini par atteindre la mer quelques jours après le bras principal.
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave. Les relevés effectués sur le terrain le 24 mars au matin indiquaient une superficie de la plateforme de 8,4 hectares et une avancée de 193 m sur l’océan .
L’alimentation en lave de la plateforme se fait désormais essentiellement via les nombreux tunnels de lave qui s’y sont développés. Des résurgences de lave sont visibles ponctuellement à la surface de la plateforme, la lave ne ressortant principalement qu’au point de contact avec l’océan. Des petits effondrements ont été observés en bordure de la plateforme causés par
l’action des vagues.
Au niveau de l’entrée de la lave à l’océan, un panache de gaz est toujours présent. Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines
gouttelettes en suspension. Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents.
Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.
Observations instrumentales
La sismicité sous le sommet a ré-augmenté depuis hier avec 43 séismes détectés sur la journée du 24 mars. Cette activité reste à un niveau plus faible que celle observée lors de la déflation du sommet du 19 au 22 mars. Cette activité reste à un niveau plus faible que celle observée du 19 au 22 mars lors de la forte déflation du sommet . La déflation observée sur les stations GNSS montre un net ralentissement . Cette évolution devra être confirmée au cours des prochains jours .
Évolution de l’amplitude du trémor (indicateur de l’émission de lave et de gaz en surface) entre le 13 février et le 25 mars 2026 sur la station sismologique FOR située à proximité du site éruptif. L’insert en haut à droite montre un zoom sur les dernières 24h (©WebObs/OVPF-IPGP)
Une remontée de l’intensité du trémor a été enregistrée hier entre 11h et 13h heure locale à un niveau comparable à celui observé le 22 mars. D’une manière générale sur les dernières 48h, le trémor est relativement stable mais montre de nombreuses fluctuations de faible amplitude. Ces variations rapides sont probablement liées à des variations dans le dégazage.
Du fait d’une couverture nuageuse bien présente sur une bonne partie du massif ces dernières 48h, aucune mesure satellitaire fiable des débits de lave n’a pu être effectuée .
Bilan
Observations sur les différents sites
– Site éruptif : remous actifs et débordements récurrents.
– Coulées dans les Grandes Pentes : seul le bras Sud était actif sur les dernières 24h.
– Plateforme : activité en tunnel de lave bien développée, la lave ne ressortant principalement qu’au point de contact avec l’océan ou au niveau de quelques résurgences. Des petits effondrements ont été observés en bordure de la plateforme par l’action des vagues.
Observations instrumentales
– 43 séismes le 24/06.
– Net ralentissement de la déflation. A confirmer ces prochains jours.
– Trémor stable avec des fluctuations de faible amplitude.
Niveau d’Alerte 2.2
Source : OVPF / IPGP.
Photos : Luc Perrot photographies / FB , OVPF.
Italie , Stromboli :
BULLETIN HEBDOMADAIRE , du 16 Mars 2026 au 22 Mars 2026 . (Date d’émission : 24 Mars 2026)
RÉSUMÉ DE L’ACTIVITÉ
À la lumière des données de surveillance, les points suivants sont à retenir :
1) OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES : Durant cette période, une activité éruptive de type strombolien ordinaire a été observée, interrompue par des projections et deux débordements de lave provenant de la zone du cratère Nord. La fréquence horaire totale a fluctué entre des valeurs élevées (16 et 22 événements/h). L’intensité des explosions était majoritairement faible à moyenne dans les zones des cratères Nord et Centre-Sud.
2) SISMOLOGIE : Les paramètres sismiques surveillés ne présentent aucun changement significatif, à l’exception de deux séismes de magnitude locale supérieure ou égale à 1,0, survenus
le 17 mars à 20h23 UTC (M1=1,0) et à 22h03 UTC (M1=1,1), respectivement.
3) DÉFORMATIONS DU SOL : Les signaux enregistrés par le réseau GNSS ne présentent aucun changement significatif. Le réseau d’inclinaison est hors service.
4) GÉOCHIMIE : Flux de SO2 à un niveau moyen.
Flux de CO2 provenant du sol dans la zone du Pizzo (STR02) à des valeurs élevées.
Rapport C/S dans le panache : à des valeurs moyennes.
Rapport isotopique de l’hélium (R/Ra) dissous dans l’aquifère thermal : Les données du dernier échantillonnage, effectué le 26 février 2026, étaient élevées (R/Ra = 4,49). Le flux de CO2 du sol dans la zone de San Bartolo était élevé à moyen-élevé.
Le flux de CO2 de STR01 était moyen.
5) OBSERVATIONS SATELLITE :
L’activité thermique observée par satellite dans la zone sommitale était généralement faible, avec des anomalies thermiques modérées correspondant aux événements éruptifs des 18, 20 et 22 mars 2026.
OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES
Durant la période d’observation, l’activité éruptive du Stromboli a été caractérisée par l’analyse des images enregistrées par les caméras de surveillance de l’INGV-OE situées à 190 m (SCT-SCV) et à Punta dei Corvi (SPCT). L’activité explosive était principalement due à 5 (cinq) bouches éruptives situées dans la zone Nord du cratère et à au moins 2 (deux) bouches situées dans la zone Centre-Sud .
En raison des conditions météorologiques défavorables des 16 et 17 mars, la visibilité de la terrasse du cratère était insuffisante pour une description précise de l’activité éruptive.
Les 18 et 22 mars, deux coulées de lave ont été observées dans la zone nord du cratère.
Observations d’activité explosive capturées par les caméras de surveillance
Dans la zone du cratère Nord (N), cinq évents actifs ont été observés, deux dans le secteur N1 et trois dans le secteur N2. Ces évents ont produit une activité explosive de faible (moins de 80 m de hauteur) à moyenne intensité (moins de 150 m de hauteur). De plus, une activité de projection faible mais continue a été observée au niveau des évents du secteur N2.
Cette activité était particulièrement intense dans la soirée du 18 mars. Les produits éruptifs étaient principalement des matériaux grossiers (bombes et lapilli). La fréquence moyenne des explosions variait entre 15 et 20 événements par heure.
Dans la zone du cratère Centre-Sud (CS), deux évents principaux ont été observés. Ces évents ont produit des explosions de matériaux fins mélangés à des matériaux grossiers, d’intensité faible à moyenne. La fréquence moyenne des explosions variait entre moins d’un événement par heure et quatre événements par heure.
Débordements de lave des 18 et 22 mars 2026.
Les 18 et 22 mars, deux débordements de lave se sont produits depuis l’évent Sud du cratère Nord , dans le secteur N2, surplombant la Sciara del Fuoco.
Le 18 mars, en raison de la couverture nuageuse, il n’a pas été possible de déterminer le début exact du débordement de lave. Cependant, les premières images ont montré qu’aux alentours de 00h55 UTC, de gros blocs de matériau incandescent ont commencé à rouler dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco . La coulée de lave s’est allongée dans la partie supérieure de la Sciara et, vers 11h00 UTC, elle est apparue alimentée lentement et en train de se refroidir . Le 22 mars, vers 5 h 30 UTC, la seconde coulée a débuté , se déversant dans le canyon creusé en octobre 2023 et donc désormais invisible sur les images des caméras de surveillance . La coulée de lave s’est étendue jusqu’à la partie moyenne-supérieure de la Sciara et semblait
se refroidir vers 2 h 00 UTC le 23 mars.
Source : INGV
Photo : Stromboli stati d’animo / Sebastiano Cannavo
Indonésie , Ibu :
Le mont Ibu a présenté une éruption le mercredi 25 mars 2026 à 13h40 (heure locale). Une colonne de cendres a été observée à environ 500 m au-dessus du sommet (soit environ 1 825 m d’altitude). Cette colonne était blanche et d’intensité modérée à forte orientée vers le Sud et le Sud-Ouest. Au moment de la rédaction de ce document, l’éruption était toujours en cours.
Observations sismiques
101 séismes d’éruptions d’amplitude 10-28 mm et de durée 35-67 secondes.
3 séismes d’émissions d’amplitude 3-5 mm et de durée 34-46 secondes.
12 tremors harmoniques d’amplitude 3-20 mm et de durée 58-128 secondes.
99 séismes de basse fréquence d’amplitude 2-10 mm et de durée 17-29 secondes.
127 séismes volcaniques superficiels d’amplitude 2-6 mm et de durée 7-21 secondes.
2 séismes tectoniques locaux d’amplitude 10-20 mm, et de durée 41-97 secondes.
Trois séismes tectoniques lointains d’amplitude 2 mm, d’une durée de 54 à 87 secondes.
Recommandations
1. Il est conseillé aux résidents vivant autour du mont Ibu et aux visiteurs/touristes de s’abstenir de toute activité dans un rayon de 2 km et une extension sectorielle de 3,5 km vers l’ouverture du cratère, dans la partie Nord du cratère actif du mont Ibu.
2. En cas de retombées de cendres, il est conseillé aux personnes pratiquant des activités extérieures de porter un masque couvrant le nez, la bouche et les yeux, ainsi que des lunettes de protection.
Source et photo : PVMBG.
Colombie , Chiles / Cerro Negro :
San Juan de Pasto, le 24 mars 2026, 16h10
Concernant le suivi de l’activité du complexe volcanique Chiles-Cerro Negro (CVCCN), le Service géologique de Colombie (SGC), organisme rattaché au ministère des Mines et de l’Énergie, rapporte ce qui suit :
Durant la période du 17 au 23 mars 2026, les principales variations des paramètres suivis par rapport à la semaine précédente ont été les suivantes :
● Dans le cadre du comportement fluctuant caractéristique du complexe volcanique, une augmentation de la fréquence journalière et de l’énergie sismique libérée a été enregistrée.
La sismicité due à la fracturation des roches a prédominé, suivie par les signaux liés à la dynamique des fluides dans les conduits volcaniques.
● Les événements se sont concentrés principalement au Sud et au Sud-Ouest du volcan Chiles, dans un rayon de 3 km et à des profondeurs variant de 0,1 à 10 km du sommet (4 700 m d’altitude). Le séisme le plus important a atteint une magnitude de 3,1, à une profondeur de 3,7 km. Aucun séisme n’a été ressenti.
● Les données recueillies par les capteurs satellitaires et les stations au sol continuent d’enregistrer des variations de surface compatibles avec des processus de déformation dans certains secteurs de la zone d’influence volcanique.
Sur la base de l’évaluation et de la corrélation des paramètres surveillés, le Service géologique de Colombie (SGC) recommande de suivre de près l’évolution de la situation grâce aux bulletins hebdomadaires et autres informations publiées par ses canaux officiels, ainsi qu’aux instructions des autorités locales et départementales et de l’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD).
● L’activité volcanique demeure au niveau d’alerte jaune : Volcan actif avec modifications du comportement de référence des paramètres surveillés et autres manifestations.
Source et photo : SGC.
Hawaii , Kilauea :
BULLETIN QUOTIDIEN DE L’OBSERVATOIRE VOLCANIQUE D’HAWAÏ, Service géologique des États-Unis , Mardi 24 mars 2026, 9 h 02 HST (Mardi 24 mars 2026, 19 h 02 UTC)
19°25’16 » N 155°17’13 » O
Altitude du sommet : 1 247 m (4 091 pi)
Niveau d’alerte volcanique actuel : ATTENTION
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE
Résumé de l’activité :
L’éruption du cratère Halemaʻumaʻu sur le Kīlauea est en pause. Le sommet se gonfle lentement ; durant la nuit, des lueurs intermittentes étaient visibles à l’évent Sud et le phénomène de « gaz piston » se poursuit.
Une panne de données continue d’affecter le réseau de surveillance de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO), et plusieurs stations au sommet, dont les inclinomètres UWD et SDH, sont actuellement hors service. La période prévue pour le début de l’épisode 44 de fontaines de lave est du 3 au 13 avril ; cependant, la panne de courant actuelle affecte la capacité de prévision de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO).
Aucune activité significative n’a été observée le long des zones de rift Est et Sud-Ouest du Kīlauea.
REMARQUE : La caméra V2 est hors service en raison d’une panne de courant ; la caméra V1 reste endommagée suite à l’épisode 43.
« Après près de deux semaines de tempêtes, le temps s’est enfin amélioré et une équipe est en route pour remplacer la caméra de diffusion en continu V1 et son système de production d’énergie solaire », a rapporté l’Observatoire mardi matin.
Observations du sommet :
Durant la nuit, une lueur intermittente a été observée à l’évent Sud via la webcam V3. Actuellement, les deux évents sont calmes et émettent des panaches de gaz.
Le trémor sismique a globalement diminué, bien que des salves de secousses persistent à intervalles de 5 à 10 minutes. Ces salves correspondent aux pics de température enregistrés par la caméra thermique F1 à l’évent Sud, ce qui est cohérent avec le phénomène de gaz piston en cours au sein des évents. Cinq séismes ont été enregistrés au sommet au cours des dernières 24 heures. Les inclinomètres sommitaux IKI et SMC continuent d’enregistrer une lente inflation depuis la fin de l’épisode 43.
Lors des pauses éruptives, comme actuellement, le taux d’émission de SO₂ au sommet a varié entre 1 000 et 5 000 tonnes par jour.
Observations dans la zone de rift :
Les taux de sismicité et de déformation du sol restent faibles dans les zones de rift Est et Sud-Ouest. Les émissions de SO₂ de la zone de rift Est demeurent inférieures au seuil de détection.
Source : HVO.






