21 Mars 2026 .
Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 21 Mars 2026 – 7h45 heure locale – 3h45 heure UTC
Éruption en cours
L’éruption débutée le 13 février 2026 peu après 10h (heure locale) au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan à 2056 m d’altitude avec un cône qui s’est formé par accumulation des projections. L’activité en fontaine de lave a repris sur le site éruptif avec des projections à une dizaine de mètres de hauteur au-dessus du cône, visibles depuis le Piton de Bert .
Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine toujours deux bras principaux. Depuis le 18 mars, le bras Nord est de nouveau alimenté avec une coulée qui se trouvait en bas des Grandes Pentes. Les relevés drone hier matin à 9h10 ont indiqué que le front actif de cette coulée se trouvée à environ 2,8 km de la route nationale 2 (RN2), à une altitude de 690m . Ce bras de coulée est maintenant figé et ne semble avoir significativement progressé au cours de la nuit dernière.
Le bras Sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars. En amont de la route, plusieurs résurgences et bras secondaires de coulées sont visibles avec notamment un bras de coulée au Sud du bras principal. Dans la nuit du 20 au 21 mars 2026, le front de ces bras semblaient figés avec une activité focalisée sur la partie amont de la coulée .
Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée . Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave . Les observations effectuées par les équipes de l’OVPF le 20 mars indiquent que la plateforme a progressé d’environ 142 m vers l’océan (extension maximale) sur une largeur de ~840 m le long de la côte préexistante, pour une surface totale estimée à ~37 000 m2 (3,7 ha). Ces estimations restent à confirmer car les observations effectuées par drone sont parfois masquées par le panache lié à l’entrée en mer de la lave. La construction de cette plateforme est alimentée à la fois par la coulée principale et par un bras secondaire à l’extrémité Sud de la plateforme .
Au niveau de cette entrée à l’océan, un panache est toujours présent . Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes en suspension. Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents.
Ce panache, parfois appelé « laze » (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir. Par ailleurs, des circulations de lave en tunnel se sont développées au niveau de la plateforme. A la surface des zones durcies, la température reste élevée, supérieure à 100°C .
La hausse de l’activité sismique est désormais bien marquée, avec plus de 180 séismes volcano-tectoniques détectés sur la
journée du 20 mars (Figure 6). Ces séismes sont localisés au-dessus du réservoir superficiel et en majorité sous la bordure sud-
est du cratère Dolomieu.
La déflation de la zone sommitale est également maintenant bien marquée. Depuis plusieurs jours, les lignes de base traversant le sommet montraient une stabilisation, désormais une diminution de ces lignes de base est enregistrée témoignant d’une contraction de la zone sommitale . L’initiation d’une déflation suggère une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel.
Évolution du champ de lave. Les contours ont été estimés à partir d’images Sentinel-1, Sentinel-2 et Planet jusqu’au 16 mars (cf. communiqué du 18 mars 2026). L’avancée du bras secondaire Nord est schématisée par une flèche pointillée noire, et la position du front au 20 mars à 9h10 est indiquée par une étoile. Les fissures éruptives sont représentées en noir, et le site éruptif actuel par un triangle (© OI²/ISDeform – OSUL, OPGP-LMV, Université de La Réunion, OVPF-IPGP)
Depuis le 14 mars, une augmentation significative du trémor éruptif est observée, accompagnée de phases intermittentes de type « gaz piston » . Ces signaux traduisent un dégazage pulsé dans le conduit, lié à la remontée de poches de gaz à travers le magma toutes les 5 à 10 minutes environ. En surface, ce dégazage intermittent se traduit par une alternance d’activité en fontaines de lave suivie par des phases plus calmes sans projections visibles. Ces phases de gaz piston apparaissent elles-mêmes intermittentes, avec des séquences d’arrêt et de reprise. La dernière séquence de ce type s’est arrêtée le 20 mars vers 7h30 UTC (11h30 heure locale) et a été suivie par une légère baisse de l’amplitude du trémor.
L’intensification du trémor est corrélée à une hausse des flux de SO₂ mesurés par satellite (TROPOMI) et par le réseau NOVAC de l’OVPF au sol depuis le 15 mars , suggérant une augmentation de l’activité de dégazage. Depuis le 18 mars, une augmentation des débits estimés grâce aux données satellitaires (HOTVOLC, OPGC-Université Clermont Auvergne et MIROVA, Université de Turin) est également observée avec des valeurs maximales supérieures à 30 m3/s atteint le 20 mars .
A noter que ces valeurs peuvent être sous-estimées par des biais d’observation, notamment liés aux conditions météorologiques (ennuagement), au développement d’écoulements en tunnels de lave, ainsi qu’à l’entrée de la coulée en mer, qui limitent la détection du rayonnement thermique .
Niveau d’Alerte 2.2
Source : OVPF / IPGP.
Photos : Vincent Cheville / Vincent Tunneldelave Réunion / FB , OVPF.
Indonésie , Semeru :
Le mont Semeru a présenté une éruption le vendredi 20 mars 2026 à 5 h 26 WIB. Une colonne de cendres a été observée à environ 1 000 m au-dessus du sommet (soit environ 4 676 m d’altitude). Cette colonne de cendres était grise et dense , orientée en direction du Nord-Est. Au moment de la rédaction de ce document, l’éruption était toujours en cours.
AVIS D ‘OBSERVATION DU VOLCAN À L’ATTENTION DE L’AVIATION – VONA
Date d’émission : 20 mars 2026
Volcan : Semeru (263300)
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE
Code couleur précédent pour l’aviation : orange
Source : Observatoire volcanologique de Semeru
Numéro de l’avis : 2026SMR567
Coordonnées géographiques : S 08° 06′ 29″ E 112° 55′ 12″
Zone géographique : Java oriental, Indonésie
Altitude du sommet : 3 676 m (11 763 pieds)
Résumé de l’activité volcanique :
Éruption avec nuage de cendres volcaniques à 22 h 26 UTC (5 h 26 heure locale).
Hauteur du nuage volcanique :
La meilleure estimation du sommet du nuage de cendres se situe autour de 4 676 m (14 963 pieds) au-dessus du niveau de la mer, soit 1 000 m (3 200 pieds) au-dessus du sommet. Cette altitude pourrait être supérieure à celle visible à l’œil nu. Source des données d’altitude : observateur au sol.
Autres informations sur le nuage volcanique :
Le nuage de cendres se déplace du Nord vers le Nord-Est. Les cendres volcaniques sont grises et denses.
Remarques :
Éruption enregistrée sur le sismogramme avec une amplitude maximale de 22 mm et une durée maximale de 347 secondes. Éruption accompagnée de coulées pyroclastiques.
Source et photo : PVMBG.
Chili , Lascar :
Pour la période évaluée, la tendance à des valeurs élevées s’est maintenue depuis le changement de niveau d’alerte, malgré une diminution du nombre d’événements volcano-tectoniques (VT) liés à la fracturation de la roche au sein du volcan. L’énergie, quant à elle, a enregistré des valeurs légèrement inférieures à celles de la période précédente. L’événement le plus énergétique, d’une magnitude locale (Ml) de 1,7, s’est produit à 1,2 km au Sud-Sud-Ouest (SSO) de l’édifice volcanique, à une profondeur de 1,8 km. Les événements de longue période (LP), associés à la dynamique des fluides au sein du volcan, ont montré une augmentation de leur nombre ; cependant, l’énergie enregistrée est restée similaire à celle du mois précédent. Le déplacement réduit (DR) de l’événement le plus énergétique était de 9,0 cm². Par ailleurs, 13 événements sismiques de type trémor (TR), liés à une dynamique des fluides soutenue, ont également été enregistrés, avec un taux de décroissance maximal (DR) de 12,0 cm².
Des panaches blanchâtres continus de dégazage, émanant du cratère actif, ont été enregistrés par les caméras de surveillance du volcan. Leur taille était variable, atteignant une hauteur maximale de 760 m au-dessus du rebord du cratère le 13 mars. Neuf anomalies de dioxyde de soufre (SO₂) ont été détectées dans l’atmosphère, selon les données du Centre d’observation de la Terre (EOC) du Centre aérospatial allemand (DLR) , avec un maximum de 153 tonnes émises le 3 mars. L’analyse des données issues de l’interférométrie radar (InSAR) à courte et longue période, à partir d’images Sentinel-1, ne révèle aucune déformation à proximité du volcan. Durant la période étudiée, les images Sentinel-2 L2A ont enregistré des zones de rayonnement thermique anormal réparties dans le cratère du volcan, couvrant une superficie d’environ 1 800 m², selon les informations obtenues via l’application web NHI Tools .
Une augmentation de la fréquence et de l’intensité des anomalies thermiques a également été enregistrée par le capteur MODIS sur la plateforme MIROVA , avec une puissance radiative maximale de 2,9 MW le 11 mars. L’utilisation d’images satellitaires (Planetscope, Sentinel-2, SkySat Collect) a permis d’identifier des points de dégazage, sans toutefois révéler de variations morphologiques significatives.
Source : Segemar.
Photo : Vulcanopro.
Colombie , Nevado del Ruiz :
Manizales, le 17 mars 2026, 19h35
Concernant le suivi de l’activité du volcan Nevado del Ruiz, le Service géologique de Colombie (SGC), organisme rattaché au ministère des Mines et de l’Énergie, rapporte ce qui suit :
Durant la semaine du 10 au 16 mars 2026, le volcan a continué de présenter un comportement instable. Par rapport à la semaine précédente, les principales variations observées pour certains paramètres surveillés sont les suivantes :
– La sismicité liée à la dynamique des fluides dans les conduits volcaniques est restée stable en nombre de séismes enregistrés, mais l’énergie sismique libérée a diminué. Des signaux sismiques de longue durée ont continué d’être enregistrés durant la semaine, avec des niveaux d’énergie faibles comparés à la période précédente. Les caméras de surveillance (conventionnelles ou thermographiques) n’ont confirmé aucune émission de cendres pulsatile ni aucune variation de température apparente des matériaux émis, en lien avec les signaux sismiques.
L’activité sismique associée aux processus de fracturation des roches au sein de l’édifice volcanique a conservé des valeurs similaires en termes de nombre de séismes enregistrés et d’énergie sismique libérée. Les séismes étaient principalement situés au Nord et au Nord-Ouest du cratère Arenas, à des distances comprises entre 4 et 5 km, ainsi qu’à l’intérieur même du cratère. Dans une moindre mesure, des séismes ont été enregistrés de manière dispersée sur les autres flancs du volcan, jusqu’à 11 km du cratère. La profondeur des séismes était variable : jusqu’à 2 km à l’intérieur du cratère et entre 2 et 8 km par rapport au niveau de référence. Les événements enregistrés présentaient de faibles niveaux d’énergie, avec des magnitudes inférieures à 1.
Le volcan a continué d’émettre de la vapeur d’eau et des gaz volcaniques, principalement du dioxyde de soufre (SO₂), dans l’atmosphère par le cratère Arenas. Le flux de SO₂ estimé, associé aux processus de dégazage, est resté variable, avec des valeurs faibles, et a diminué par rapport à la semaine précédente. Cette diminution est en partie attribuée à la direction du vent, qui soufflait principalement vers le flanc Est du volcan, où la couverture des stations de surveillance est moins étendue. Un suivi complémentaire, réalisé à l’aide de données satellitaires, a également révélé de faibles niveaux de rejets de SO₂.
– La hauteur de la colonne de gaz et de vapeur d’eau est restée inférieure à 400 m au-dessus du sommet du volcan. La direction de dispersion de cette colonne était variable, principalement vers les flancs Est-Sud-Est et Sud-Est du volcan.
– Le suivi des anomalies thermiques au fond du cratère Arenas, à l’aide de plateformes satellitaires, a révélé que les niveaux d’énergie sont restés faibles.
Source : SGC.
Photo : via Vulcaniya / FB.
Costa Rica , Poas :
Latitude : 10,20°N
Longitude : 84,23°O
Altitude : 2687 m
Niveau d’activité actuel : Alerte
Cette semaine, l’amplitude des secousses sismiques est restée relativement stable. Le nombre d’événements de longue période a augmenté en début de semaine, atteignant son niveau le plus élevé de l’année écoulée, avant de diminuer ces derniers jours. Certains événements présentent des amplitudes importantes. Le 17 mars, une séquence de secousses brèves et de faible amplitude a été enregistrée. Le réseau géodésique n’enregistre pas de déformation significative. La station MultiGAS a enregistré des moyennes hebdomadaires de SO₂/CO₂ d’environ 1,1 ± 0,3 et de H₂S/SO₂ de 0,3 ± 0,7, valeurs similaires à celles de la semaine précédente.
Au point d’observation, des concentrations de SO₂ allant jusqu’à 4,8 ppm ont été enregistrées. Les stations DOAS ont détecté un flux de dioxyde de soufre (SO2) de 102 ± 68 t/j, légèrement similaire à celui de la semaine précédente (106 ± 18 t/j). En l’absence quasi totale de pluie cette semaine, le niveau du lac hyperacide a baissé d’environ 0,5 m. Du SO2 a été détecté dans l’atmosphère par satellite à plusieurs reprises cette semaine, avec un pic le 16 mars, à une masse de 60 tonnes.
Source : Ovsicori .
Photo : Sergio Lucena







