1 Avril 2026.
Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris , Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 01 Avril 2026 – 9h30 heure locale – 5h30 heure UTC
Éruption en cours
Résumé
L’éruption débutée le 13 février 2026 a repris le 28 mars aux alentours de 15h heure locale. Un seul site éruptif est actif sur le flanc Sud-Sud-Est, au niveau du cône formé entre le 13 février et le 25 mars. Seule la coulée principale Sud est de nouveau alimentée. Une activité en tunnel de lave est bien développée avec de nombreuses résurgences. Au niveau du cône éruptif des
remous et quelques débordements de lave sont observés. Le trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) est stable sur les dernières 24h. Suite à la reprise de l’éruption, nous observons une augmentation de la sismicité ainsi qu’une déflation de l’édifice indiquant une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel.
Observations sur les différents sites
Après un arrêt observé entre le 25 (16h30 heure locale) et le 28 mars, l’éruption débutée le 13 février 2026 sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan a repris le 28 mars aux alentours de 15h heure locale.
Au niveau du site éruptif, le niveau de lave au niveau du cône est élevé avec des remous actifs et des débordements de lave récurrents associés à la remontée de bulles de gaz . Ce dégazage s’effectue généralement de façon intermittente, se traduisant par de légères bouffées de trémor sur nos enregistrements.
L’activité en tunnels de lave se poursuit en aval du cône avec de nombreuses résurgences visibles au niveau du champ de lave mis en place entre le 13 février et le 25 mars 2026. Ces résurgences sont bien visibles dans les Grandes Pentes. Seul le bras Sud du champ de lave est actuellement actif le long de la coulée principale ayant rejoint la mer le 16 mars, ainsi
qu’un bras secondaire situé au Sud de la coulée principale, en amont de la route nationale 2.
Malgré la faible alimentation ou l’absence d’alimentation actuelle de la plateforme, un faible panache de gaz est toujours présent au niveau de l’entrée de la lave à l’océan et son intensité dépend de la quantité de lave arrivant à l’océan.
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir.
Observations instrumentales
L’augmentation de sismicité se confirme, avec plus de 90 séismes volcano-tectoniques superficiels sur la journée du 31 mars (au-dessus du niveau de la mer). Ces séismes sont localisés au niveau de la zone sommitale du volcan, principalement au niveau d’une faille annulaire localisée à l’aplomb du réservoir magmatique superficiel (localisé aux alentours de 1.5-2 km de profondeur sous la zone sommitale).
Une déflation de la zone sommitale se met en place, témoignant de la dépressurisation du réservoir magmatique superficiel . Ce paramètre sera à confirmer dans les prochains jours.
L’intensité du trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) est stable sur les dernières 24h , avec des variations d’amplitude indiquant probablement des variations dans l’intensité du dégazage.
Les débits en surface, estimés à partir des données satellites, via la plateforme HOTVOLC (OPGC – Université Clermont Auvergne), ont légèrement diminué depuis hier avec des valeurs inférieures à 8 m3/s. A noter qu’en fonction de la couverture nuageuse, ces estimations peuvent varier fortement et devenir nulles en cas de couverture nuageuse totale. L’activité
actuelle en tunnel de lave a également tendance à sous-estimer les débits mesurés par satellite.
Niveau d’Alerte 2.2
Source : OVPF / IPGP.
Photo : Volcanofan
Italie , Stromboli :
BULLETIN HEBDOMADAIRE , du 23 Mars 2026 au 29 Mars 2026 . (Date d’émission : 31 Mars 2026)
RÉSUMÉ DE L’ACTIVITÉ
À la lumière des données de surveillance, les points suivants sont à retenir :
1) OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES : Durant cette période, une activité éruptive de type strombolien ordinaire a été observée, interrompue par des projections et deux débordements de lave provenant de la zone du cratère Nord. La fréquence horaire totale a fluctué entre des valeurs élevées (16 et 22 événements/h). L’intensité des explosions était majoritairement faible à moyenne dans les zones des cratères Nord et Sud.
2) SISMOLOGIE : Les paramètres sismiques surveillés n’ont montré aucune variation significative.
3) DÉFORMATIONS DU SOL : Les signaux du réseau GNSS n’ont montré aucune variation significative. Le réseau des inclinomètres est hors service.
4) GÉOCHIMIE : Flux de SO₂ moyen.
Flux de CO₂ provenant du sol dans la zone du Pizzo (STR02) élevé.
Rapport C/S dans le panache : valeur moyenne.
Rapport isotopique de l’hélium (R/Ra) dissous dans l’aquifère thermal : les données du dernier prélèvement, effectué le 23 mars 2026, sont élevées (R/Ra = 4,50).
Flux de CO₂ provenant du sol dans la zone de San Bartolo : valeurs élevées à moyennes à élevées.
Flux de CO₂ STR01 : valeur moyenne.
5) OBSERVATIONS SATELLITAIRES : L’activité thermique observée par satellite dans la zone sommitale était généralement faible, avec quelques anomalies thermiques modérées correspondant à l’épisode effusif qui a débuté le 25 mars 2026 et s’est terminé le 27 mars 2026.
OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES
Durant la période d’observation, l’activité éruptive du Stromboli a été caractérisée par l’analyse des images enregistrées par les caméras de surveillance de l’INGV-OE situées à 190 m (SCT-SCV) et à Punta dei Corvi (SPCT). L’activité explosive était principalement produite par 5 (cinq) bouches éruptives situées dans la zone Nord du cratère et par au moins 2 (deux) bouches situées dans la zone Centre-Sud . En raison des conditions météorologiques défavorables du 25 mars, la visibilité depuis la terrasse du cratère était insuffisante pour une description précise de l’activité éruptive. Les 25 et 26 mars, deux coulées de lave ont été observées dans la zone Nord du cratère.
Observations de l’activité explosive capturées par les caméras de surveillance :
Cinq bouches actives ont été observées dans la zone Nord (N) du cratère, deux dans le secteur N1 et trois dans le secteur N2. Ces évents ont produit une activité explosive de faible (moins de 80 m de hauteur) et moyenne intensité (moins de 150 m de hauteur). De plus, une activité de projection faible mais continue a été observée au niveau des évents du secteur N2. Cette activité était particulièrement intense le matin du 24 mars. Les produits éruptifs étaient principalement composés de matériaux grossiers (bombes et lapilli). La fréquence moyenne des explosions variait entre 15 et 19 événements par heure.
Deux évents principaux ont été observés dans la zone du cratère Centre-Sud (CS), qui ont montré des explosions de matériaux fins, parfois mélangés à des matériaux grossiers, d’intensité faible à moyenne. La fréquence moyenne des explosions variait entre moins d’un événement par heure et trois événements par heure.
Débordements de lave les 25 et 26 mars 2026.
Les 25 et 26 mars, deux débordements de lave se sont produits à partir de l’évent Sud du cratère Nord , dans le secteur N2, surplombant la Sciara del Fuoco. Une description de ces événements effusifs est fournie ci-dessous.
Le 25 mars, en raison de la couverture nuageuse, il n’a pas été possible de déterminer le début exact du débordement de lave. Cependant, les premières images ont montré que vers 17h53 UTC, de gros blocs de matériau incandescent ont commencé à dévaler la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, s’engouffrant dans le canyon creusé en octobre 2023 et disparaissant des images des caméras de surveillance. La coulée de lave s’est étendue jusqu’à la partie moyenne-supérieure de la Sciara et a semblé s’alimenter légèrement en fin de soirée . Le 26, en fin de matinée, une seconde coulée de lave a débuté, parallèle à la précédente . Cette coulée s’est étendue sur quelques centaines de mètres dans la partie supérieure de la Sciara , et en fin de soirée, elle semblait s’alimenter lentement et se refroidir.
Communiqué sur l’activité de Stromboli , 31 Mars 2026 17:56 (15:56 UTC)
L’Institut national de géophysique et de volcanologie, Osservatorio Etneo, annonce que l’analyse des images des caméras de surveillance révèle une activité effusive en cours due à des débordements de lave provenant de la zone du cratère Nord ; cette activité produit une coulée de lave modérée dont le front se situe dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco et provoque le roulement de blocs le long du versant.
D’un point de vue sismique, depuis environ 14h45 UTC aujourd’hui, l’amplitude moyenne du trémor volcanique a augmenté, passant d’une valeur moyenne à une valeur élevée. Aucun changement significatif n’a été constaté dans la fréquence et l’amplitude des séismes d’explosion.
Les signaux du réseau GNSS haute fréquence ne montrent aucun changement significatif. Les données du réseau inclinométrique ne sont pas disponibles actuellement.
D’autres informations seront communiquées prochainement.
Source : INGV.
Photos : Stromboli stati d’animo / Sebastiano Cannavo , INGV.
Indonésie , Dukono :
Le mont Dukono a présenté une éruption le mercredi 1er avril 2026 à 5 h 59 WIT. Une colonne de cendres a été observée à environ 900 m au-dessus du sommet (soit environ 1 987 m d’altitude). Cette colonne, de couleur blanche à grise, présentait une forte intensité , orientée en direction de l’Est. Au moment de la rédaction de ce document, l’éruption était toujours en cours.
Observations sismiques
151 séismes d »éruptions d’amplitudes comprises entre 9 et 34 mm et d’une durée de 32,1 à 61,99 secondes.
Un séisme volcanique profond d’amplitude 10 mm, et d’une durée de 33,5 secondes.
Un séisme tectonique local d’amplitude 7 mm, et d’une durée de 30,63 secondes.
Un séisme tectonique distant d’amplitude 6 mm, d’une durée de 35,9 secondes.
Un trémor sismique continu d’amplitude comprise entre 1 et 5 mm, principalement de 3 mm.
Recommandations
(1) Il est conseillé aux résidents vivant à proximité du mont Dukono et aux visiteurs/touristes de s’abstenir de toute activité, escalade ou approche du cratère Malupang Warirang dans un rayon de 4 km.
(2) Considérant que les éruptions avec cendres volcaniques se produisent périodiquement et que la distribution des cendres suit la direction et la vitesse du vent, de sorte que la zone où les cendres atterrissent n’est pas constante, il est recommandé aux personnes vivant autour du mont Dukono de toujours se munir de masques/couvre-nez et de couvre-bouche à utiliser en cas de besoin pour éviter la menace que les cendres volcaniques représentent pour le système respiratoire.
Source et photo : PVMBG.
Guatemala , Fuego :
Conditions atmosphériques : Ciel partiellement nuageux
Vent : Ouest
Précipitations : 24,8 mm
Activité
Durant la nuit et tôt le matin, un dégazage faible à modéré a été enregistré, avec des fumerolles atteignant environ 400 mètres au-dessus du cratère et se dispersant vers l’Est. L’activité explosive s’est poursuivie avec 8 à 13 explosions faibles à modérées par heure, générant des panaches de cendres entre 4 500 et 4 800 mètres d’altitude, qui ont dérivé vers l’Est et le Sud-Est. Certaines explosions étaient accompagnées de grondements, d’ondes de choc et de brefs bruits semblables à ceux de locomotives, associés à l’expulsion continue de gaz. Des pulsations incandescentes jusqu’à 300 mètres au-dessus du cratère ont été observées, accompagnées de faibles avalanches. De plus, des matériaux incandescents sont retombés autour du cratère, s’écoulant vers les ravins de Ceniza, Taniluyá, Seca, Santa Teresa, Trinidad et Las Lajas, atteignant parfois la limite de la végétation.
Source : Insivumeh
Photo : Moises Castillo .
Alaska , Shishaldin :
L’activité sismique et infrasonore se poursuit sur le volcan Shishaldin. Elle demeure élevée, avec de nombreux petits séismes, des trémors sismiques et des signaux infrasonores observés au cours des dernières 24 heures. Des émissions de dioxyde de soufre dérivant vers le Sud-Est ont été détectées par satellite. Des émissions de vapeur ont été observées sur les images de webcams, mais rien n’a été visible sur les images satellites du volcan.
Le volcan Shishaldin est surveillé par des capteurs sismiques et infrasonores locaux, des webcams et un réseau géodésique. En plus de ce réseau de surveillance local, l’AVO utilise des réseaux géophysiques voisins, des données régionales sur les infrasons et la foudre, ainsi que des images satellites pour détecter les éruptions.
Source : AVO
Photo : Cauley, Marc






