19 Mars 2026.
Ile de La Réunion , Piton de la Fournaise :
Communiqué de l’ Institut de physique du globe de Paris / Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise , 19 Mars 2026 – 6h45 heure locale – 2h45 heure UTC
Éruption en cours
L’éruption débutée le 13 février 2026 peu après 10h (heure locale) au Piton de la Fournaise se poursuit.
Un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc Sud-Sud-Est du volcan à 2056 m d’altitude, visible depuis le Piton de Bert. Le cône éruptif est maintenant bien formé et continue de se refermer progressivement. Peu de projections dépassent désormais la hauteur du cône.
Avec la fermeture latérale du cône, une activité importante en tunnel de lave est désormais établie.
Le champ de lave émis depuis le site éruptif dessine toujours deux bras principaux. Le front du bras nord reste figé à ~2,6 km de la route nationale 2 (RN2), à une altitude d’environ 660 m.. Néanmoins depuis hier, le bras Nord est de nouveau alimenté et une activité est visible sur sa partie amont (haut des Grandes Pentes ) .
Le bras Sud après s’être divisé en plusieurs bras secondaires, a traversé la route nationale 2 (RN2) lors de la journée du 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars aux alentours de 00h20 heure locale. En amont de la route, plusieurs résurgences et bras secondaires de coulées sont visibles côté Sud mais leur progression est actuellement très lente et ne présente pas à l’heure actuelle de menace pour la RN2 .
Plusieurs bras secondaires se sont également formés en aval de la RN2 avant l’arrivée à l’océan de la coulée.
Au point de contact entre la lave et l’océan, une plateforme continue de se constituer et de s’élargir, résultant de l’accumulation de coulée de lave et de particules fines issues de la fragmentation de la lave . Hier midi (heure locale), au point d’impact, la plateforme avait progressé de 85 mètres dans l’océan.
Au niveau de cette entrée à l’océan, un panache se développe . Celui-ci est principalement constitué de vapeur d’eau, d’acide chlorhydrique (HCl) et de particules fines. Lorsque la lave, à une température d’environ 1130 °C, entre en contact avec l’eau de l’océan riche en chlorure de sodium, elle engendre la formation d’un aérosol acide sous forme de fines gouttelettes.
Ce panache contient également des particules de lave pulvérisée et des fragments de verre volcanique, pouvant être transportés sur plusieurs centaines de mètres à kilomètres sous l’effet des vents.
Ce panache, parfois appelé « laze » (lava haze), peut présenter un caractère irritant et corrosif pour les voies respiratoires, la peau et les yeux. Sa dispersion dépend étroitement des conditions météorologiques locales. Par ailleurs, le contact brutal entre la lave et l’eau peut générer des explosions localisées, projetant des matériaux en fusion et des jets de vapeur à haute température à proximité immédiate du point d’entrée en mer.
Prises de vue en imagerie thermique de la plateforme en formation au point de contact entre la lave et l’océan le 18 mars 2026 à 10h53 heure locale (©OVPF-IPGP)
Des explosions pourraient également se produire en cas de déstabilisation de la plateforme. En effet, cette plateforme, composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux, reste très instable et fragile. En cas de déstabilisation brutale, des explosions d’intensité variable pourraient survenir. Par ailleurs, selon l’évolution de l’activité volcanique, des circulations de lave en tunnel pourraient également se développer au niveau de la plateforme. Sur ses surfaces durcies, la température reste élevée, supérieure à 150°C .
Une activité sismique est de nouveau enregistrée sous la zone sommitale avec notamment une forte augmentation sur les dernières 5 heures. Entre le 18 mars minuit heure locale et le 19 mars 6h heure locale, 53 séismes volcano-tectoniques superficiels ont ainsi été enregistrés.
Une déflation de la zone sommitale semble débuter. Depuis plusieurs jours, les lignes de base traversant le sommet montraient une stabilisation, désormais une diminution de ces lignes de base est enregistrée témoignant d’une contraction de la zone sommitale . L’initiation d’une déflation suggère une dépressurisation du réservoir magmatique superficiel. Cette déflation
sera à confirmer avec les mesures des prochains jours.
Depuis le 14 mars, une augmentation significative du trémor éruptif est observée, accompagnée de phases intermittentes de type « gaz piston » . Ces signaux traduisent un dégazage pulsé dans le conduit, lié à la remontée de poches de gaz à travers le magma. Au cours des dernières 24 heures, ces phases de gaz piston apparaissent elles-mêmes intermittentes, avec des séquences d’arrêt et de reprise. La dernière phase de gaz piston a eu lieu le 17 mars entre 12h et 18h TU.
L’intensification du trémor est corrélé à une hausse des flux de SO₂ mesurés par satellite (TROPOMI) et par le réseau NOVAC de l’OVPF au sol depuis le 15 mars, suggérant une augmentation de l’activité de dégazage .
Depuis la journée de hier, 18 mars, une augmentation des débits issues des données satellitaires (HOTVOLC, OPGC-Université Clermont Auvergne et MIROVA, Université de Turin) est également observée avec des valeurs maximales à 16 m3/s .
A noter que ces valeurs peuvent être sous-estimées par des biais d’observation, notamment liés aux conditions météorologiques (ennuagement), au développement d’écoulements en tunnels de lave, ainsi qu’à l’entrée de la coulée en mer, qui limitent la détection du rayonnement thermique.
Le fait que l’augmentation du trémor apparaisse plus marquée que celle des débits de lave en surface peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’une part, le trémor, qui reflète à la fois le flux de magma et le dégazage en surface, peut être amplifié par la construction progressive du cône éruptif, modifiant les conditions d’écoulement et de dégazage à proximité de l’évent. D’autre
part, les incertitudes affectant les estimations satellitaires peuvent masquer des variations réelles du débit. Enfin, un découplage partiel gaz–magma dans le conduit est également envisageable : dans ce cas, une augmentation du dégazage — principal contributeur au trémor selon plusieurs études récentes au Piton de la Fournaise — pourrait se produire sans variation significative du débit de lave estimé par les méthodes thermiques.
Niveau d’Alerte 2.2
Source : OVPF / IPGP.
Photos : Zamir Popat Photographies / FB , OVPF .
Kamchatka , Sheveluch :
AVIS D’ACTIVITÉ VOLCANIQUE KVERT (VAN)
Date d’émission : 19 mars 2026 (05:15 UTC)
Volcan : Sheveluch (CAVW n° 300270)
Code couleur actuel pour l’aviation : ROUGE
Code couleur précédent pour l’aviation : orange
Source : KVERT
Numéro de l’avis : 2026-27
Coordonnées du volcan : 56°38′ N 161°19′ E
Région : Kamchatka, Russie
Altitude du sommet : 3 283 m (10 768,24 pi), altitude du dôme : environ 2 500 m (8 200 pi)
Résumé de l’activité volcanique :
Une éruption explosive-extrusive du volcan se poursuit, accompagnée d’importantes émissions de gaz et de vapeur ; un nouveau bloc de lave continue de se former dans la partie Nord du dôme de lave. Les données satellitaires ont montré que les explosions ont projeté des cendres jusqu’à 11,5 km d’altitude et que le nuage de cendres s’étendait au Nord-Est du volcan.
L’éruption explosive-extrusive du volcan se poursuit. Des explosions de cendres jusqu’à 12 km d’altitude pourraient se produire à tout moment. L’activité en cours pourrait affecter le trafic aérien international et les vols à basse altitude.
Altitude du nuage volcanique :
11 500 m (37 720 pi) AMSL
Heure et méthode de détermination de l’altitude du panache/nuage de cendres : 19/03/2026 à 03h10 UTC – Himawari-9 14m15
Autres informations sur le nuage volcanique :
Distance du panache/nuage de cendres : 140 km (87 mi)
Direction de la dérive du panache/nuage de cendres : NE / azimut 49°
Heure et méthode de détermination du panache/nuage de cendres : 19/03/2026 à 04h30 UTC – Himawari-9 14m15
Heure de début de l’explosion et méthode de détermination : 19/03/2026 à 03h00 UTC – Données satellitaires
Durée de l’explosion : ~ 20 min
Source : Kvert.
Photo : ИА Камчатка
Italie / Sicile , Etna :
Communiqué sur l’activité de l’Etna , 19 Mars 2026 , 05:47 (04:47 UTC) .
L’Institut national de géophysique et de volcanologie Osservatorio Etneo signale qu’ aucune activité volcanique n’est observée sur les images des caméras de surveillance.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique, débutant vers 02:00 (UTC), a montré une tendance à la hausse et a atteint des valeurs élevées à 03:50 (UTC).
Actuellement, la localisation du centre de gravité des sources du trémor volcanique est imprécise. Aucun changement n’a été enregistré ces dernières heures, ni dans la fréquence d’occurrence de l’activité infrasonore, ni dans sa localisation, qui se situe sous le cratère de la Voragine.
L’analyse des données du réseau de mesure des déformations du sol révèle un début de décompression à partir de 03:55 UTC au niveau de l’inclinomètre DRUV, ainsi qu’un possible début de signal au niveau de l’inclinomètre sommital ECPN. Les variations possibles restent à des valeurs très faibles, insuffisantes pour les distinguer des fluctuations normales du signal.
Le réseau GNSS ne détecte aucune déformation significative.
D’autres mises à jour seront communiquées prochainement.
Source : INGV.
Photo : Gio Giusa .
Indonésie , Lewotobi Laki-Laki :
Une éruption du mont Lewotobi Laki-laki s’est produite le jeudi 19 mars 2026 à 14h36 WITA. La colonne de cendres observée s’élevait à environ 1 000 m au-dessus du sommet (soit environ 2 584 m d’altitude). Cette colonne de cendres était grise et très dense , orientée au Nord et au Nord-Est. L’éruption a été enregistrée par un sismographe, avec une amplitude maximale de 14,8 mm et une durée de 130 secondes.
AVIS D ‘OBSERVATION DU VOLCAN À L’ATTENTION DE L’AVIATION – VONA
Date d’émission : 19 mars 2026
Volcan : Lewotobi Laki-laki (264180)
Code couleur actuel pour l’aviation : ORANGE
Code couleur précédent pour l’aviation : orange
Source : Observatoire volcanologique de Lewotobi Laki-laki
Numéro de l’avis : 2026LWK023
Coordonnées du volcan : S 08° 32′ 20″ E 122° 46′ 06″
Zone géographique : Nusa Tenggara Est, Indonésie
Altitude du sommet : 1 584 m (5 069 pieds)
Résumé de l’activité volcanique :
Éruption avec nuage de cendres volcaniques à 06h36 UTC (14h36 heure locale).
Altitude du nuage volcanique :
La meilleure estimation du sommet du nuage de cendres est d’environ 2 584 m (8 269 pieds) au-dessus du niveau de la mer, soit 1 000 m (3 200 pieds) au-dessus du sommet. L’altitude réelle pourrait être supérieure à celle visible à l’œil nu. Source des données d’altitude : observateur au sol.
Autres informations sur le nuage volcanique :
Le nuage de cendres se déplace du Nord vers le Nord-Est. Les cendres volcaniques sont observées comme étant grises. L’épaisseur du nuage de cendres volcaniques est importante.
Remarques :
L’éruption a été enregistrée sur le sismogramme avec une amplitude maximale de 14,8 mm et une durée maximale de 130 secondes.
Source et photo : PVMBG.
Colombie , Chiles / Cerro Negro :
San Juan de Pasto, le 17 mars 2026, 20h35
Concernant le suivi de l’activité du complexe volcanique Chiles-Cerro Negro (CVCCN), le Service géologique de Colombie (SGC), organisme rattaché au ministère des Mines et de l’Énergie, rapporte ce qui suit :
Durant la période du 10 au 16 mars 2026, les principales variations des paramètres suivis par rapport à la semaine précédente ont été les suivantes :
● Conformément au comportement fluctuant caractéristique du complexe volcanique, une légère augmentation de la fréquence journalière et une diminution de l’énergie sismique libérée ont été enregistrées. La sismicité liée à la fracturation des roches est restée prédominante, suivie de la sismicité associée à la dynamique des fluides. La plupart des séismes se sont produits au Sud et au Sud-Ouest du sommet du volcan Chiles, dans une zone d’environ 3 km de diamètre, à des profondeurs comprises entre 0,7 et 8 km sous le sommet (4 700 m d’altitude) et avec des magnitudes inférieures à 1,9.
L’analyse des données issues des capteurs satellitaires et des stations au sol continue de révéler des variations liées aux processus de déformation dans certains secteurs de la zone volcanique.
Sur la base de l’évaluation et de la corrélation des paramètres surveillés, le Service géologique de Colombie (SGC) recommande de suivre de près l’évolution de la situation grâce aux bulletins hebdomadaires et autres informations publiées par ses canaux officiels, ainsi que de suivre les instructions des autorités locales et départementales et de l’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD).
L’activité volcanique demeure au niveau d’alerte jaune : Volcan actif avec des changements dans le comportement de référence des paramètres surveillés et autres manifestations.
Source et photo : SGC.







