12 Février 2020 . FR . La Réunion : Piton de la Fournaise , Italie / Sicile : Etna , Colombie : Nevado del Ruiz , Pérou : Ubinas .

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12 Février 2020 . FR . La Réunion : Piton de la Fournaise , Italie / Sicile : Etna , Colombie : Nevado del Ruiz , Pérou : Ubinas .

12 Février 2020 .

 

 

La Réunion , Piton de la Fournaise :

Bulletin d’activité du mardi 11 février à 14h45 (Heure locale) .

L’éruption qui a débuté le 10/02/2020 aux alentours de 10h50 heure locale se poursuit. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption), après avoir diminué de manière continue est relativement stable depuis 20h00 heure locale (16h00 TU) le 10/02 (Figure 1).

Figure 1 : Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) entre le 10/02/2020 et le 11/02/2020 14h30 heure locale (10h30 TU) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Depuis le début de l’éruption 3 séismes profonds (> 2 km de profondeur) ont été enregistrés sous le flanc Est du volcan.
La crise sismique qui a précédé d’une vingtaine de minute l’arrivée du magma en surface a été accompagnée de déformations rapides de relativement faible amplitude qui ont impacté uniquement le cône terminal (12 cm max, Figures 2 et 3).


Figure 2 : Carte des déplacements liés à l’éruption du 10 février 2020. Les déplacements horizontaux sont représentés sous forme vectorielle et les déplacements verticaux sont indiqués par les valeurs chiffrées en couleur (valeurs exprimées en vitesse mm/an). (© OVPF-IPGP).

Les données satellites (Figure 3) montrent une possible autre petite intrusion vers le Sud (secteur Château Fort) lors de la crise sismique du 10/02. Cette dernière ne fut associée à aucune anomalie thermique ni trémor volcanique en surface, et n’a donc très certainement pas été à l’origine d’émission de lave en surface (à confirmer lors du retour de conditions météorologiques favorables).


Figure 3 : Interferogramme représentant les déformations au Piton de la Fournaise associées à l’éruption du 10 février 2020 (© OVPF-IPGP). En plus des mesures au sol, l’OVPF utilise également une technique par satellite appelée dInSAR pour surveiller les cycles d’inflation / déflation de l’édifice associés aux mouvements du magma en profondeur. Pour cela, le satellite “illumine” une zone du sol avec une onde électromagnétique et collecte le signal réfléchi depuis le sol. La comparaison de deux mesures de ce type d’une même surface prises à des moments différents permet d’imager les déformations de la surface. L’interférogramme ci-dessus montre la déformation de la surface associée à l’éruption du 10 février 2020. Chaque cycle de couleur (du rouge vers le bleu) complet de l’interférogramme correspond à 27,8 mm de déplacement de la surface vers (positif) ou à l’opposé (négatif) du satellite Sentinel-1 (dont la direction est représentée par la flèche « LOS » en haut à droite de la figure). (©OVPF/IPGP)

Du fait des mauvaises conditions météorologiques aucune reconnaissance n’a pu être réalisée ce jour, mais les faibles débits n’ont probablement pas permis au front de coulée de progresser de manière significative depuis le dernier relevé de l’observatoire qui le situait vers 1700 m d’altitude (en début d’après midi le 10/02).
Les données satellites de la plateforme MIROVA (données MODIS, Université de Turin) montrent une anomalie thermique relevée à 22h45 (heure locale) de faible amplitude localisée aux niveaux des fissures éruptives (Figure 4).


Figure 4 : Superposition de l’anomalie thermique enregistrée par la plateforme MIROVA (données MODIS, Université de Turin) le 10/02 à 22h45 et le contour approximatif des coulées de lave observé le 10/02 entre 13h et 13h30 heure locale. (©MIROVA/OPGC/LMV/OVPF/IPGP).

Bulletin d’activité du 12 février 2020 à 08h45 (Heure locale).

L’éruption qui a débuté le 10/02/2020 aux alentours de 10h50 heure locale se poursuit. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) est relativement stable sur les dernières 24h (Figure 1). L’augmentation du trémor observée aux alentours de 3h heure locale (23h heure TU ; Figure 1) est à mettre en relation avec l’arrivée d’un front pluvieux et orageux sur le volcan qui bruite les signaux.


Figure 1 : Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) entre le 10/02/2020 et le 12/02/2020 08h30 heure locale (04h30 TU) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Une cartographie précise de la coulée de lave en date du 10/02/2019 en soirée réalisée par la plateforme OI2 (OPGC – Université Clermont Auvergne) à partir de données satellites montre une extension des coulées plus importante que celle estimée jusqu’alors, avec un champ de lave sur la partie haute du cône terminal et un bras de coulée qui s’est écoulé vers le sud. Lors du survol le 10/02 entre 13h et 13h30, la partie haute du sommet, fortement ennuagée, n’avait pas permis de les observer. Ces coulées les plus en amont et la plus au sud n’ont très certainement été actives que lors des premières heures de l’éruption. Actuellement seul le bras nord qui s’écoule vers l’est reste actif.
Cette nouvelle cartographie montre un front de coulée à environ 1400 m d’altitude.

Il est remarquable de noter que les fissures les plus hautes en altitude (non visibles lors du survol du 10/02 et désormais inactives) se sont ouvertes dans le même secteur que les fissures des éruptions du 18 février et 11 juin 2019 (Figure 2). Cette localisation montre que le dike (« conduit superficiel s’enracinant dans un réservoir et permettant l’acheminement du magma en surface ») qui a alimenté cette éruption a repris en partie en profondeur un « chemin » déjà ouvert lors des précédentes éruptions, expliquant la rapidité que le magma a mis pour atteindre la surface (23 minutes entre le début de la crise sismique et l’ouverture des premières fissures éruptives en surface).


Figure 2 : En rouge le contour des coulées de lave associées à l’épisode éruptif du 10/02/2020 déterminé à partir des données satellites acquises par la plateforme OI2 (Université Clermont Auvergne), en date du 10/02/2020 en soirée. En pointillé noir le contour approximatif du bras de coulée actif et visible lors du survol du 10/02/2020 13h15 (le sud et le sommet du cône terminal étaient alors sous les nuages). Pour comparaison, en vert le contour du champ de lave de l’éruption du 18/02/2019 et en bleu celui de l’éruption du 11-13 juin 2019 (© OPGC/LMV/OVPF/IPGP).

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via les plateformes HOTVOLC (OPGC – université d’Auvergne) et MIROVA (université de Turin), sont fortement perturbés à cause des mauvaises conditions météorologiques qui atténuent les signaux satellites. Un pic a néanmoins été détecté lors de la journée d’hier à 15h45 (heure locale) à la faveur d’une éclaircie sur la plateforme HOTVOLC à 10 m3/s.

Source : OVPF .

Lire les articles : http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/bulletin-dactivite-mardi-11-fevrier-a-14h45-heure-locale

http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/bulletin-dactivite-12-fevrier-2020-a-08h45-heure-locale

Photo : IPR / Twitter via Bernard Duyck.

 

Italie / Sicile , Etna :

Bulletin hebdomadaire du 03/02/2020 au 09/02/2020 (date d’émission 11/02/2020)

RÉSUMÉ DU STATUT D’ACTIVITÉ.
À la lumière des données de surveillance, il est mis en évidence:
1) OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES: Activité intra-cratère strombolienne et effusive du cratère de la Voragine, émission faible et discontinue de cendres du Nouveau Cratère Sud-Est et du Cratère Nord-Est, activité de dégazage ordinaire des cratères supérieurs.
2) SISMOLOGIE: Faible activité de fracturation sismique; amplitude du tremor volcanique principalement au niveau moyen.
3) INFRASONS: Activité infrasonore modérée.
4) DÉFORMATIONS: Les réseaux de surveillance des déformations du sol de l’Etna n’ont montré aucune variation significative à signaler au cours de la dernière semaine
5) GÉOCHIMIE: Les flux de SO2 et de HCl sont placés à un niveau moyen-bas. Les valeurs de débit de CO2 du sol sont faibles à moyennes. La pression partielle de CO2 dissous ne présente pas de variations importantes. Le rapport isotopique de l’hélium (données du 28 janvier) confirme des valeurs moyennes-élevées. Aucune mise à jour sur le rapport CO2 / SO2 n’est disponible. Le dernier chiffre pour janvier concerne des valeurs moyennes.

OBSERVATIONS VOLCANOLOGIQUES
Pendant la période d’observation, l’activité volcanique de l’Etna a été surveillée en analysant les images des caméras de surveillance de l’INGV-Osservatorio Etneo (INGV-OE), en analysant les images enregistrées pendant le survol du lundi 3 février , qui a été réalisé grâce à l’hélicoptère mis à disposition par le 2nd Air Corps des garde-côtes de Catane, et enfin à travers plusieurs inspections par le personnel d’INGV-OE, dont une dans la zone du sommet. Au cours de la période considérée, l’activité de l’Etna a été principalement caractérisée par une activité éruptive du cratère de la Voragine (VOR), par des émissions de cendres douces et discontinues du cratère Nord-Est (NEC) et du Nouveau Cratère Sud-Est (NSEC) et par le dégazage ordinaire des autres cratères sommitaux .
L’activité intra cratère strombolienne se poursuit dans le cratère de la Voragine qui émet des lambeaux qui dépassent le bord du cratère de quelques centaines de mètres et qui ont conduit à une nouvelle croissance du cône de scorie, en particulier dans sa partie Nord . De plus, comme déjà signalé dans le précédent communiqué (Rep. N ° 06/2020), les faibles émissions de cendres produites par la Voragine continuent de se disperser rapidement dans l’atmosphère.

 

L’activité effusive continue du flanc Sud du cône intra cratère se déverse dans la Bocca Nuova adjacente. Les observations effectuées sur le terrain et les images enregistrées lors du survol de l’hélicoptère ont montré que la lave remplissait le secteur Est (BN-2) et atteignait, se déversant à l’intérieur du cratère du puits Ouest (BN-1). Quant au Nouveau Cratère du Sud-Est (NSEC), les images thermiques enregistrées lors du survol du 3 février ont montré une activité principalement fumerolienne. Au lieu de cela, à partir du 4 février, NSEC a également produit de faibles épisodes discontinus d’émission de cendres volcaniques observées à la fois par les images enregistrées par les caméras de surveillance et par le personnel d’INGV-OE sur le terrain . Enfin, le cratère Nord-Est a également produit des émissions de cendres légères et intermittentes observées par les caméras de surveillance.

Tremors volcaniques: L’amplitude moyenne des tremors volcaniques, bien que ne montrant pas de variations significatives, en général, a présenté une tendance à la baisse modeste, avec des valeurs qui de moyennes à élevées, enregistrées dans la première moitié de la semaine, étaient exclusivement dans le niveau moyen ces derniers jours  . Les sources du tremor étaient situées sous les cratères sommitaux, dans la plage d’altitude comprise entre 2000 et 2700 m au-dessus du niveau moyen de la mer.

Source : INGV .

Lire l’article file:///C:/Users/Utilisateur/AppData/Local/Packages/Microsoft.MicrosoftEdge_8wekyb3d8bbwe/TempState/Downloads/BollettinoEtna20200211%20(1).pdf

Photos : Gio Giusa.

 

Colombie , Nevado del Ruiz :

Bulletin hebdomadaire du volcan Nevado del Ruiz
Le niveau d’activité se poursuit au niveau d’activité jaune ou (III): changements dans le comportement de l’activité volcanique.

Concernant le suivi de l’activité du volcan Nevado del Ruiz, le COLOMBIAN GEOLOGICAL SERVICE rapporte que:

Le volcan Nevado del Ruiz continue avec un comportement instable. Au cours de la dernière semaine, certains des paramètres surveillés ont montré des variations témoignant de l’instabilité du système volcanique. Une accélération du processus volcanique et par conséquent des changements dans le niveau d’activité du volcan ne sont pas à exclure.

#FelizDomingo – Puesta lunar y amanecer. Volcán Nevado del Ruiz

#FelizDomingo – Puesta lunar y amanecer. Volcán Nevado del Ruiz

Publiée par Servicio Geológico Colombiano sur Dimanche 9 février 2020

 

La sismicité générée par la fracturation des roches (type volcano-tectonique) a diminué en nombre de tremblements de terre et a augmenté en énergie sismique libérée, par rapport à la semaine précédente. Ce type de sismicité était principalement localisé dans les secteurs Sud-Sud-Ouest et Nord-Est du volcan et, dans une moindre mesure, dans les secteurs Nord, Sud-Est et le cratère Arenas. La profondeur des tremblements de terre variait de 0,9 à 6,2 km. La magnitude maximale enregistrée au cours de la semaine était de 1,8 ML (magnitude locale), correspondant au tremblement de terre enregistré le 6 février à 08h17 (heure locale), situé à 4,3 km au Nord du cratère Arenas, à 5,5 km de profondeur.

Au cours de la semaine, il y a eu plusieurs épisodes de séismicité de type « Drumbeat » , de tremblements de terre de type volcano-tectonique, les 08 et 09 février. Ces épisodes ont été caractérisés par un faible niveau d’énergie et, en général, une courte durée. Ce type de sismicité est lié aux processus d’ascension et d’évolution du dôme à la surface du volcan.

La sismicité liée à la dynamique des fluides à l’intérieur des conduits volcaniques a montré une augmentation à la fois du nombre d’événements enregistrés et de l’énergie sismique libérée, par rapport à la semaine précédente. Cette activité sismique a été caractérisée par la présence de tremors volcaniques continus, d’impulsions de tremors volcaniques, de tremblements de terre de type longue période et de très longue période.

 

 Les tremblements de terre ont présenté des niveaux d’énergie et un contenu spectral variables. Certains de ces signaux étaient associés à de petites émissions de gaz et de cendres, confirmées par les caméras installées sur le volcan et par les rapports du personnel sur le terrain. 
La déformation de la surface volcanique, mesurée à partir d’inclinomètres électroniques et de stations GNSS (Global Navigation Satellite System), a montré quelques changements mineurs au cours de la semaine.
En suivant les informations fournies sur les portails Web Mirova et NASA FIRMS, ceux-ci ont signalé plusieurs anomalies thermiques d’énergie faible à modérée sur le volcan au cours de la dernière semaine.

Le volcan Nevado del Ruiz continue au niveau d’activité jaune.

Source : SGC.

 

Pérou , Ubinas :

Période d’analyse: 3 au 9 février 2020 . Arequipa, 10 février 2020
Niveau d’alerte: ORANGE

L’Institut géophysique du Pérou (IGP) rapporte que l’activité éruptive du volcan Ubinas reste à de faibles niveaux. À ce jour, l’enregistrement de tremblements de terre associés à la remontée du magma vers la surface est rare. Il y a des émissions faibles et sporadiques de gaz bleutés (d’origine magmatique) et de vapeur d’eau. Selon ce scénario, la possibilité d’apparition d’explosions volcaniques et / ou d’émissions de cendres est faible.

Au cours de la période du 3 au 9 février 2020, l’IGP a enregistré et analysé un total de 52 événements sismiques associés au comportement dynamique du volcan Ubinas, avec la prédominance de signaux sismiques de type Volcano-Tectonic (VT), liés à la fracturation de roches à l’intérieur du volcan. Ce type d’événement a présenté en moyenne 3 tremblements de terre par jour, tous de magnitude inférieure à M1,8. Les signaux sismiques liés à la remontée du magma (type hybride) ont diminué à la fois en nombre d’événements (3 tremblements de terre quotidiens) et en énergie.

La surveillance visuelle, bien que limitée par la couverture nuageuse à cette période de l’année, enregistre de légères émissions de gaz volcaniques et de vapeur d’eau qui ont atteint des hauteurs maximales de 300 m. Le suivi de la déformation de la structure volcanique, à l’aide de données GNSS (traitées avec des orbites rapides), n’enregistre pas d’anomalies. La surveillance par satellite de MIROVA n’a pas non plus enregistré d’anomalies thermiques dans le volcan.

Publié le 11/02/2020 16:50

Observations:
Un signal sismique est enregistré associé à la descente d’un lahar de volume faible à modéré (coulées volcaniques) le long du flanc Sud-Est du volcan Ubinas, le long des gorges de Volcanmayo, à une distance approximative de 2 km de la ville d’Ubinas. Il est recommandé à la population de rester à l’écart et d’éviter de conduire sur la route qui traverse le cours de cette rivière .

Source : IGP.

Photo : Auteur inconnu .

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